La libération de la France coïncide avec l’âge d’or du CAPO Limoges. L’article vous présente dans cette seconde partie, ces plus grands moments jusqu’à son retour dans l’anonymat limousin où « vivre heureux, c’est vivre caché », mais pas trop non plus.
À pleine vitesse (1945-1949)
C’est en Championnat de France Excellence où le CAPO montra ses progrès. Dès la saison 1944-1945, le CAPO Limoges joue la compétition reine appelée le temps d’une saison le « Critérium National ». Éliminé en 16 ème de finale lors de cette saison par le Toulouse AC (41-30, 25 mars 1945, à Limoges), le CAPO apprend le basket de haut-niveau. La saison suivante, le Championnat 1945-1946 se dispute sous la forme de tours éliminatoires dont le CAPO Limoges est exempté des trois premiers tours.

Tout commence alors le 23 décembre 1945, à l’occasion du quatrième tour, où le CAPO défit sans difficulté le champion du Poitou 1945, l’AS des Cha. Quelques jours plus tard, le 13 janvier 1945, c’est au tour de l’Espérance de Toulouse de passer à la trappe (35-24), à croire la presse il s’agit d’une « grosse surprise de la journée »… et pas la dernière puisque le CAPO se paye la tête des parisiens du Racing Club de France (18-17) le 24 février 1946, lors des 8èmes de finale… l’arbitre de la rencontre, le bordelais M. Bélier, sera pris à parti par les joueurs de la capitale furieux de tomber face à ces petits limougeauds dont Pasquet avait monopolisé le ballon permettant cette inédite victoire… une réaction compréhensible pour l’une des seules équipes françaises à avoir battu cette saison une équipe américaine… celle de l’armée (en 1945, le CS Le Mans avait réalisé pareille performance) !

Qualifié pour les quarts de finales, un engouement entoure l’équipe de la gare des bénédictins, notamment à travers la plume de l’ancien basketteur limousin, chroniqueur au Populaire du Centre, Soulier et celle du journaliste photo-reporter de la Marseillaise du Centre (Écho du Centre), Estra. Il faut dire que l’adversaire du CAPO pour le quart attise la curiosité. En effet, Limoges, le 17 mars 1946 reçoit le champion universitaire de France 1945, « commandé par l’international Frézot où brillent les jeunes internationaux Rival, le tacticien Favory et Faucheyre, les rapides et très adroits avants » insiste l’Écho du Centre du 14 mars 1946. Au dessous de leur niveau, nerveux, les capoïstes s’étant remis à des tirs longues distances de Pasquet (international cheminot français) ne purent rattraper le départ foudroyant (20-7 pour les visiteurs à la mi-temps). Les limougeauds ont pu admirés toute la classe des étudiants emmené par l’acrobate Rival. Déçu de leur élimination, le CAPO remportera à nouveau comme en 1945, le Championnat Excellence en battant en finale (28-19, 14 avril 1946) La Martiale, le patronage limougeaud qui monte.

La belle saison se conclue notamment sur une rencontre nocturne contre l’équipe du BK UNCAS Prague (alors 11 fois vainqueur du championnat de Tchécoslovaquie) composé en grande partie des joueurs vainqueurs de l’Eurobasket 1946 (en Suisse) dont le MVP, Josef Krepela. Pour l’anecdote, les « champions d’Europe » ont battu le CAPO 44 à 22 (22 mai 1946), dans la Salle du Lycée Gay-Lussac, bondée pour le spectacle malgré le tarif exceptionnel de 100 francs la place. Une grande classe d’écart où les basketteurs limousins voir français ont rarement l’occasion de voir des joueurs portaient « littéralement la balle dans le panier et par contre coup, l’en enlèvent ! (témoin d’un incident de la balle en équilibre sur l’arceau enlevée sans effort, d’un saut élégant ! En France, on se fait la courte échelle !) » s’exclame le journaliste du quotidien local, l’Écho du Centre, Estra. Enfin quelques lignes également pour signaler, l’autre événement en 1946, avec la réception le 5 août 1946 de « l’équipe de Moscou » [opposée à la sélection de Limoges comprenant de nombreux éléments du CAPO et de la Martiale de Limoges] au Stade l’Évêché emmenée par le pivot de l’URSS, Koniev… en réalité, il s’agissait essentiellement de l’ossature principale de l’équipe nationale de l’Union Soviétique qui sera plus tard en 1947, vainqueur de l’Eurobasket !

Pour sa troisième saison consécutive en Championnat de France Excellence, le CAPO expérimente une nouvelle formule. À la différence des saisons précédentes qui se déroulaient en matchs à élimination directe, la saison 1946-1947 prévoit l’organisation de poules qualificatives en deux séries dont sont issus les demi-finalistes qui s’affrontent sur un seul match éliminatoire, de même que les finalistes. En première série, Limoges est verser dans la Poule E et affronte successivement le Stade Montois (3 novembre 1946, victoire 46-28, à Mont-de-Marsan), le Stade Français (1er décembre 1946, défaite, 48-28, à Limoges), à l’AS Charente de Saintes (22 décembre 1946, match nul, à Angoulême). Sa deuxième place lui permet de se qualifier pour le second tour. Versé dans la poule A, le CAPO affrontait des grands noms du basket-ball comme l’Éveil Sportif Sainte-Marie de la Guillotière de Lyon emmené par Busnel et Buffière ; l’US Métro, une des meilleures formations parisiennes de l’époque et enfin une équipe en ascension, l’AS Monaco. En nocturne, toujours dans la petite Salle « Guynemer » du Lycée Gay-Lussac où on peut mettre environ 300 à 500 spectateurs (nb : trop petite pour le nombre d’adeptes… le « succès qui aurait pu être plus grand si les installations de la ville l’avaient permis » nous rapporte ainsi le journaliste Soulier dans sa chronique basket du Populaire du Centre du 3 février 1947), Limoges s’incline d’abord contre l’ESSMG Lyon (2 février 1947, 43-20 défaite, 30 000 francs de recettes), puis les hommes du capitaine Cart-Lamy, à Limoges se frotte à l’US Métro qui aura un mal fou à se débarrasser des Pasquet, Cart-Lamy et Seignolles (23 février 1947, 36-28, défaite)… et l’aventure prendra fin à un AS Monaco athlétique et adroit (9 mars 1947, 35-16, défaite, à Monaco). L’équipe 1 est éliminée de la compétition.

Lot de consolation, les juniors du CAPO quant à eux atteignent la demi-finale du Championnat de France Junior face à Antibes, s’inclinant de justesse (30 mars 1947, 38-37, défaite, à Limoges). Au niveau local, le CAPO n’est pas en forme et perd en finale la Coupe « Inouï-tailleur » face aux intrépides joueurs de la Martiale (18 mars 1947, 33-20, défaite, Salle Guynemer, Limoges) et se permet le luxe… de déclarer forfait la finale du Championnat d’Excellence Limousin, en raison de la lenteur des organisateurs de la FFBB à mettre en place une finale, donnant d’office à l’autre finaliste, le titre de champion du Limousin !

La saison 1947-1948 revoit le CAPO engagé en Championnat de France dont la formule reste la même. Les limougeauds réussissent à nouveau à se qualifier pour la seconde série de la compétition après avoir affronter en première série : le Racing Club de France (2 novembre 1947, 41-23, défaite, à Limoges, Salle Guynemer) ; AS Montferrand (23 novembre 1947, 35-28, défaite*, à Clermont-Ferrand *mais une réclamation limougeaude ne reconnaît pas cette défaite et fera rejouer le match le 4 janvier 1948 à Limoges… qui est finalement remporté par les limougeauds puisque les montferrandais déclaraient « forfait ») ; Athlétiques Bayonnais (14 décembre 1947, 37-23, victoire, à Bayonne). Ainsi, grâce au forfait de l’AS Montferrand et sa victoire sur les Athlétiques Bayonnais, le CAPO joue à nouveau le second tour de la compétition. Comme la saison précédente, Limoges ne réalisait pas un seul coup, dans la Poule A et s’inclinait ainsi contre : l’Hirondelle Couture de l’international français, Jacques Perreira, futur médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Londres (1er février 1948, 56-30, défaite, à Bagnolet) ; le PUC (22 février 1948, 49-17, défaite, à Limoges) ; USC La Rochelle où joue alors Gino Falorni, le père de l’actuel député de la 1ère circonscription de la Charente-Maritime (14 mars 1948, 40-33, défaite, à Limoges). Pour la deuxième saison de suite, le CAPO n’ira pas en finale du Championnat Excellence du Limousin, laissant le soin aux missionnaires de La Martiale, champion de haute-vienne 1948, de s’adjuger le titre régional face à l’ASPTT Limoges, au Stade Municipal de Limoges (Beaublanc) sur le score de 31 à 24.

Cette saison basket est marquée par les rencontres entre la sélection de Limoges aux accents capoïstes et martialistes contre une sélection de « Budapest » qui ressemble fortement à l’équipe nationale de la Hongrie pratiquement au complet à l’exception de sa star hongroise, Ferenc Németh dont certains avaient glané la médaille de bronze à la France lors de l’Eurobasket 1946 (15 février 1948, 47-28, défaite de la sélection de Limoges, Salle des Sœurs de la Rivière dans une ambiance chauvine où le public s’en prit à l’arbitre hongrois, Monsieur Tar, jugé « nationaliste » par la plèbe limougeaude chahutant chaque actions hongroises… ce qui n’échappera pas à l’arbitre hongrois qui dira du public limousin : « le public ressemble étrangement à celui de Paris ! ») et enfin le match, France (FSGT) – Hongrie qui suscita également un certain engouement puisqu’il s’agissait encore d’une belle équipe hongroise comportant des internationaux (12 mai 1948, 28-23, victoire de la France, Salle des Sœurs de la Rivière).

À l’intersaison 1948, le CAPO est sur le point d’entamer sa cinquième saison au sein du Championnat de France Excellence. Une saison décisive pour le CAPO, de plus en plus contesté au niveau local par La Martiale. Elle commence au tournoi de Lyon où le CAPO s’impose et remporte le trophée du tournoi face aux meilleures formations de la région lyonnaise. Cart-Lamy (capitaine), Vouzelaud, Gourdon, Beaumord, Pasquet, Villesange, Pellison et Lemerlé devront comme la saison 1947-1948, sortir parmi les deux premiers de leur poule… si ils terminent à la 3 ème place ou 4 ème place, ils sont automatiquement reversés en 32 ème de finale du Championnat de France Honneur (deuxième niveau national). Au 1er tour, les limougeauds disposent de l’USC La Rochelle (24 octobre 1948, 24-21, victoire, à La Rochelle), puis au 2 ème tour, à la Salle « Mu » le CAPO récidive en dominant techniquement et tactiquement cette fois le RCM Toulouse de Joë Jaunay (14 novembre 1948, 30-25, victoire, à Limoges, Salle des Sœurs de la Rivière) et enfin lors du troisième match, opposant les deux premiers de la poule F, le Stade Clermontois prend le dessus aisément sur les cheminots connaissant à ce moment un malaise profond… (12 décembre 1948, 46-32, défaite, à Limoges)… Limoges se retrouve avec cette défaite à la troisième place, le RCM Toulouse ayant battu La Rochelle empoche la 2 ème place grâce au différentiel de points. Clermont et Toulouse se qualifient et Limoges est reversé alors en 32 ème de finale du Championnat de France Honneur… malheureusement, Caraman mettra fin aux illusions limougeaudes (9 janvier 1949, 50-43, éliminé en 32 ème de finale du Championnat de France Honneur, à Caraman). En Championnat Limousin Excellence, le CAPO ne participe pas aux phases finales… c’est encore et toujours La Martiale qui soulève le trophée face à l’US Tulle (7 mai 1949, 42-30, Salle des Sœurs de la Rivière)… titre pour le moins contestable car tout d’abord la rencontre aurait pu se dérouler dans le nouveau Palais des Sports de Brive mais également au vu de la participation de l’arbitre le plus limougeaud de la Ligue du Limousin, Albert Chaminade dont on peut interroger son impartialité lors de cette rencontre.

Néanmoins, reconnaissons, la saison 1948-1949 doit beaucoup au Président du Comité Départemental de la Haute-Vienne (depuis 1940), Albert Chaminade qui a grâce à ses contacts, invité de nombreuses équipes françaises, étrangères à Limoges (les équipes hongroises, l’équipe des missionnaires américains etc…) mais également collaborer à l’édification d’une équipe « Limoges » qui affronta la sélection de Paris, de Lyon, de Nantes (nb : toutes battues par les joueurs limougeauds principalement issus du CAPO Limoges et de La Martiale Limoges, une belle performance face à des sélections menées par les stars de l’époque : Nemeth, Buffière etc… ce qui explique en partie l’inactivité du CAPO Limoges durant cette fin de saison, en s’investissant d’avantage pour ces matches inter-villes opposant les meilleurs joueurs de chaque villes françaises…).
Les années 1950, concurrence et déclin (1949-1960)
Après 1949, le CAPO cède sa place de locomotive à La Martiale et à l’ASPTT Limoges mais le club demeure un bastion du basket-ball limousin au début des années 1950. Ainsi, les cheminots « veulent reprendre les titres qu’ils ont portés pendant de nombreuses années ». Ce leitmotiv figurant dans Le Populaire du Centre du mardi 4 octobre 1949, animera la section de basket-ball durant ses nombreuses saisons où le CAPO fait figure d’outsider en Limousin, d’ailleurs il ne parviendra pas à remettre la main sur le Championnat Excellence Limousin et les trophées locaux pendant la décennie 1950, sans pourtant être loin du compte…. Sur les terrains de la France entière, le CAPO assume encore un rôle de représentant local en Championnat de France pendant quelques saisons.

En 1949-1950, l’équipe Bleu et Or, évolue en Excellence tout comme une autre formation, La Martiale. De son parcours, les résultats acquis par les limougeauds sont mitigés. Dans la poule E du championnat de deuxième division française de basket-ball, les limougeauds remportent tout d’abord leur première rencontre initiale face à l’Abeille Sportive de Gien du « magicien » Frézot (première journée, aller, 2 octobre 1949, 30-25, victoire, à Gien) et enchaîne en battant l’Espérance de Toulouse (deuxième journée, aller, 15 octobre 1949, 56-28, victoire, à Toulouse), puis arrache le nul à la troisième journée aller contre l’Alsace-Lorraine de Paris de l’international français Étienne Roland et Bressay (troisième journée, aller, 23 octobre 1949, 37-37, nul, à Nogent-sur-Marne). Mais les cheminots sont défaits par l’AS Montferrand de l’international François Théron (quatrième journée, aller, 13 novembre 1949, 52-34, défaite, à Clermont-Ferrand), puis succesivement contre le BC Montbrisond (cinquième journée, aller, 27 novembre 1949, 53-37, défaite, à Montbrisond), avant de remettre des points à ses compteurs face à l’Abeille Sportive de Gien (sixième journée, retour, 12 décembre 1949, 33-25, victoire, à Limoges) et contre l’Espérance de Toulouse (septième journée, retour, 22 janvier 1950, 49-25, victoire, à Limoges, stade de la gare). La fin de saison voit le CAPO s’inclinait face à l’Alsace-Lorraine de Paris (huitième journée, retour, 28 janvier 1950, 47-42, défaite, à Limoges) et à nouveau contre l’AS Montferrand (neuvième journée, retour, 12 février 1950, 68-46, défaite, à Limoges)… des défaites qui aurait pu très mal conclure la saison, en rajoutant à cette liste le match nul contre le BC Montbrisond (dixième journée, retour, 26 février 1950, 26-26, nul, à Limoges). Le CAPO Limoges se maintient de peu, grâce à la défaite de l’Abeille Sportive de Gien… comme quoi le malheurs des uns, fait des fois le bonheur des autres. C’était moins une ! Cette saison l’ASPTT Limoges rejoint pour la première fois le Championnat de France Excellence en battant le CEP de Lorient, en 16 ème de finale du Championnat de France Honneur (28 janvier 1950, 27-25).

Comme lors de la saison 1949-1950, le CAPO aurait pu s’offrir un titre de Champion de Haute-Vienne dès décembre 1949, avant de s’épuiser devant la relève, La Martiale et l’ASPTT Limoges… le 22 décembre 1949, La Martiale remporte un match décisif (25-19) dans la salle des Sœurs de la Rivière, empêchant aux cheminots de remporter trop tôt le championnat de la Haute-Vienne. Pour Le Populaire du Centre du 24 décembre 1949, « La Martiale, en battant le PO, a sauvé le championnat… mais le basket est sur la mauvaise voie » signalant au passage que le niveau était sur le point de régresser en Limousin… fin d’une ère ? La Martiale s’adjugera le titre de Champion Haute-Vienne cette saison-ci. Sans revenir en détail, le Championnat Excellence Limousin, quant à lui, est dominé par le duo ASPTT-La Martiale jusqu’en 1954, avec certitude selon nos informations, où d’ailleurs l’ASPTT Limoges remportera trois championnats supplémentaires (1950-1951, 1951-1952, 1952-1953) et un quatrième supposé avec les informations collectées lors de cette recherche (1953-1954). Mais le championnat perd en prestance puisque les équipes évoluant en Championnat de France Excellence seront aux abonnés absents des éditions suivantes organisées par la Ligue du Limousin, à partir de 1954, laissant aux plus petites formations de la région ou à leurs équipes réserves respectives le soin d’occuper les colonnes d’une presse régionale s’éloignant du monde amateur au profit du monde professionnel…
Il y a néanmoins des enseignements à retenir sur cette décennie.Fin septembre 1951, La Martiale innove, en mettant à la mode, la fameuse « défense de zone » contre la Saint-Louis de Gonzague, étrillée sur le score de 70 à 39. Au Populaire du Centre, le moniteur de service (probablement Pierre Jack), ne s’y trompe pas en qualifiant ce moment de « révolution pour le monde du basket limougeaud ». Les foules se font de plus en plus rares… à tel point que la presse soulignera par moment, la présence d’un seul spectateur pour assister à un La Martiale/Saint-Louis, illustrant la baisse de popularité du basket-ball en Limousin et en particulier dans la capitale des lémovices. Néanmoins ce phénomène frappe la France entière. Le magazine « Regards » qui livre ses impressions dans l’Écho du Centre tire la sonnette d’alarme, le 19 avril 1956, concernant l’attractivité du basket : « ce n’est pas le niveau du basket qui est en cause . La désaffection vient d’ailleurs. Sans du doute du manque d’intérêt de la plupart des rencontres de Championnat provoquées par le système de deux poules qui ne satisfait personne ».

Fort heureusement, le basket-ball limousin, les années 1950, ce fut aussi la réception à Limoges, de nombreuses formations étrangères comme les légendes américaines des « Harlem Globe Trotters » (1951) ou des équipes militaires US des « Terrors Trotters Sabres » (1954, 1957), des « Mormons » (1957) des « Braconne Barons » (1960) ou encore les étudiants espagnols du « Cerbuna Saragosse » (1955) et une mystérieuse « sélection de Barcelone » (1951) dont l’essentiel des membres évoluaient à la Joventut Badalona ou encore le « Red Star Belgrade » (1954), alors champion de Yougoslavie… L’occasion de remplir la Salle des Sœurs de la Rivière avec une pointe de 1200 spectateurs par exemple, le 3 mars 1957 pour le match ASPTT Limoges – Sabres (USA). Au vu des équipes proposées par la Ligue du Limousin et le comité départemental de la Haute-Vienne, les basketteurs locaux furent gâtés.
Au CAPO, la saison 1950-1951, voit la descente de l’équipe première en troisième division du Championnat de France de Basket-Ball (Honneur). Division dans laquelle, le CAPO essayera en vain de revenir en Excellence France mais les départs successifs, notamment celui de son capitaine Cart-Lamy (nb : qui sera capitaine du Cercle Saint-Pierre Limoges en 1956, une belle pioche pour le Patro en pleine réminiscence depuis son titre de Champion Promotion Limousin en 1953), ne permettront plus de combler le déficit accumulé. Pour rajouter à la morosité, en novembre 1951, la section d’athlétisme disparaît du club omnisports… À presque 30 ans, la section de basket-ball capoïstes, en 1959 est conscrit à la division Honneur du Limousin, et se classe alors depuis deux saisons à la deuxième place du Championnat Honneur Limousin, sans parvenir pour autant à revenir en Excellence. La vieille locomotive bénédictine n’est pas à l’arrêt mais concède un retard.
Une institution vivante (1959-2019)
L’Histoire et les souvenirs liés au Club Athlétiques Paris Orléans de Limoges, devenu en 1937, Club Athlétiques de Préparation Olympique de Limoges, sont toujours vivants dans le cœurs de nombreux joueurs et adversaires. Concluons notre article sur les souvenirs de ces joueurs au cœur bleus et jaunes ou de ces adversaires d’un soir, de toujours.

Parole tout d’abord à un ancien du CAPO, Richard, qui nous livre ses impressions sur ses années passées dans les salles Raoul Dautry et André Raynaud, entre 1981 et 1993, l’antre du CAPO moderne : « Le CAPO LIMOGES, club de mes débuts, dans lequel j’ai passé au final 12 saisons consécutives. De 1981 à 1993. Cela ne s’oublie pas ! Le CAPO LIMOGES, club des cheminots, point de chute presque logique pour un petit-fils et fils de cheminot. J’y ai connu des joies et des peines et j’y ai rencontré des dirigeants et des bénévoles impliqués. J’ai eu la chance de jouer pour des entraîneurs de qualité et aux côtés de joueurs dont certains auraient pu largement évoluer à un niveau supérieur, mais qui restaient pour les valeurs et l’état d’esprit véhiculés par ce club. Ce club était à l’époque une vraie famille, et le réveillon du nouvel an, notamment, était devenue une institution que personne ne voulait rater. Tellement de souvenirs me reviennent de ces années. Mais si je devais en isoler certains je conserverai :
- les « classiques » contre la LIMOGES SAINT ANTOINE, une belle rivalité, avec des matchs qui à DAUTRY ou à André RAYNAUD étaient toujours intenses.
- la montée en Nationale 4 (1991-1992) et la saison qui a suivi, bien que cette derrière ai été compliquée [nb : et en plus une finale de Coupe du Limousin contre l’US Tulle]
- la participation à la dernière coupe de France junior, une récompense fort appréciée pour moi qui n’était encore que cadet à l’époque.
- une sélection en équipe « Aquitaine – Limousin » SNCF dans le cadre des championnats de France SNCF et de la sélection pour l’équipe de France SNCF. »
Ce club et cette partie de ma vie de basketteur amateur resteront à jamais gravé dans ma mémoire c’est certain. ».

Un club à l’identité singulière qui garde une place spéciale pour ce fils de cheminot. Et cette identité n’a pas échappé non plus, à François Chevalier, journaliste « ouvrier » chez Télérama, un habitué des terrains de la région au début des années 2000, passionné par ce sport dont on a le plaisir de lire ses chroniques sur internet portant sur une société qui bouge à grande vitesse mais peut-être pas comme l’une de ses journées de basket-ball où le match se transforme en une scène de corrida [et qui se vit une seule fois dans une vie] :
« Avec Brive, j’ai affronté le CAPO à plusieurs reprises au début des années 2000, en excellence région (le nom que l’on donnait autrefois à la prénationale). Il n’était jamais simple de manœuvrer cette équipe dans sa salle, à Raoul Dautry. Le revêtement très glissant du gymnase n’arrangeait rien. Je me souviens qu’il y avait de fortes têtes dans cette équipe, des joueurs de caractère. Ce n’était sûrement pas la formation la plus talentueuse du championnat mais ça mouillait le maillot ! Les gars jouaient ensemble depuis longtemps. Il y avait de la fierté et de la roublardise. Une fois, nous en sommes venus aux mains, après un match de la peur — les deux clubs luttaient pour le maintien — où l’arbitre avait cru bon d’exclure tout notre cinq majeur pour 5 fautes… Tout au long de la rencontre, les noms d’oiseaux avaient fusé. Dans la raquette, on était physiquement proche du combat de rue. Au final, on doit perdre de 1 point. Un vrai traquenard ! Victimes d’un “arbitrage maison”, nous avions cru bon d’échanger quelques marrons avec les mecs du CAPO après la rencontre. Des spectateurs s’en étaient même mêlés… Baston générale ! Plusieurs joueurs, dont moi-même, avions écopé d’une suspension… En presque 25 ans de “carrière”, c’est la seule fois où je me suis battu sur un terrain. » .

À vous lecteurs de compléter cet historique, avec vos souvenirs ou vos archives car je vous ai livré qu’une partie de cette riche histoire nous amenant des abords de la gare, en passant par les « gyms » de Guynemer, Raoul Dautry ou André Raynaud.











































































Alors lorsque on demande à Xavier Popelier son avis sur l’état de forme de la nouvelle équipe, le président ne se fait pas prié : « Nous constituerons un groupe uni et qui prend ses décisions de manière démocratique. Nous tirons tous dans le même sens. Cet esprit rejaillit sur l’équipe et nous aide dans le recrutement, car, si des garçons comme Vérove et Deganis sont venus à Limoges alors qu’ils avaient d’autres propositions c’est parce que leurs renseignements sur le club étaient bons. ». La seule crainte des dirigeants est du côté du public limougeaud, sera t-il ou non de la partie ? Le champion de France, Le Mans, n’attire pas les foules à quelques jours de la rencontre. La retransmission gâchera t-elle la fête en rameutant le limougeaud dans leur salon plutôt qu’à la salle MU ? Rappelons que Limoges a le billet le moins chère de France : 25 francs.

























Cet effectif vainqueur des matches d’ascension, au demeurant stable durant l’été, sera quelque peu remanié en réalité. Aux Moltimore, Maza, Métadier, Billet, Rose, Faye, Narbonne et Biojout, s’ajoutent les Léonel Livio, Richard Dacoury, Patrice Massaux et Thierry Roses. Seul départ conséquent à déplorer est celui de Jean-Yves Efros (nb : Bonnin a également cédé sa place pour rejoindre le LBC). Léonel Livio et Richard Dacoury sont assurément les deux recrues estivales, après 8 heures de route, les deux acolytes contemplent désormais Limoges du haut de leur nouvelle résidence, à la ZUP de l’Aurence, avec certainement l’intention de gravir une plus haute. Enfin, Patrice Massaux ex cadre de la JA Vichy, ancien de l’ASPTT Limoges et du LBC, de retour sur Limoges, apportera son expérience dans la peinture qui constituera sans aucun doute un renfort non négligeable pour le CSP qui possède déjà le meilleur pivot du Championnat, Apollo Faye, selon les propres dires de coach Dubreuil. À ces trois noms, on peut rajouter, celui de Jean-Louis Martinez qui secondera Jean-François Dubreuil et parallèlement sera en charge du Centre de Perfectionnement Sportif, une tâche à la portée de Martinez qui avait su hissé les performances du Limoges BC par le passé en un temps record.




