Jusqu’à la déraison !

Dimanche, les grandes gueules du Basket-Ball Français commenteront le 101 ème classico, choc traditionnel du basket hexagonal, Limoges CSP – Élan Béarnais. Beaucoup de ces compositions « classiques » sont connues de vous tous. La dernière en date, la 100 ème, ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable, et pour cause, le score, chez les hôtes de « Gadou & Co, coupe moquette », s’était soldé sur un cinglant désaveu pour les limousins : 89 à 57… soit -32 points. Une honteuse défaite, qui sera vite ranger aux oubliettes des non-dits.

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Une mise à mort, dans un Beaublanc transformé en Corrida (Source : Limogescsp.com – Photo Olivier Sarre).

Sept ans auparavant, tout autre cadre, Limoges et Pau-Lacq-Orthez s’affrontaient, le 29 janvier 2010, dans l’arène du Palais des Sports de Beaublanc, pour une mise à mort. L’enjeu était double pour les limousins : soit le CSP se faisait hara-kiri et perdait toute occasion de caracoler en tête du Championnat de France Pro B ; soit Limoges reprenait son dû au matador béarnais, alors premier de la division, emmené à l’époque par un américain spécialiste de l’éprouvette, Teddy Gipson. À cette occasion, le gratin de la presse nationale et locale (Basket-News, L’Equipe, Le Populaire du Centre, l’Écho du Centre, La République des Pyrénées, Sud-Ouest, Info ; pour ne citer qu’eux…) avait fait de ce match, ni plus, ni moins, la rencontre de l’année… et pourtant ce n’était qu’UNE rencontre de basket-ball de la deuxième division française. Oui, c’est de la Pro B, mais le CSP Limoges comme l’Élan Béarnais portent en eux l’ADN du basket-ball français, et ça tous les observateurs avertis s’étaient bien rendus compte du séisme provoqué par le choc béarno-limousin.

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Un choc décisif entre les deux meilleurs ennemis (Source : Populaire du Centre, 29 janvier 2010 – Archive Blondeau).

Au guichet de Limoges, il ne restait pas un siège depuis 2 longues semaines. À en croire son président, Frédéric Forte, Limoges aurait pu allègrement dépasser les 20 000 spectateurs pour cette seule affiche ! Tout le monde voulait ce billet, un véritable Graal, dont on retrouva, par chance sur le site aux bonnes annonces, Leboncoin.fr, pour des sommes astronomiques allant de 100 euros à 600 euros pour une place au poulailler du Palais des Sports de Beaublanc… certains trouvèrent un repreneur. Anecdote révélatrice sur la fiévreuse passion qui entourait le match.

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« Pas d’Pau ici c’est Limoges » peut-on lire devant Beaublanc, le 29 janvier 2010 au soir. Limoges est prêt pour revivre la rivalité (Source : Page facebook, Limoges cSp vs Pau-Orthez, le plus grand classique).

Lors de la dernière nuit réparatrice, avant le grand soir, les Béarnais furent surpris dans leurs sommeils par les klaxons incessants des supporteurs limougeauds, venus spécialement pour perturber et terrifier les petits oursons béarnais qui se cachaient derrière ces grandes carcasses du sud-ouest, confortablement installées dans leur terrier du moment, au Novotel du Lac d’Uzurat.

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100% Anti-Béarnais, une conviction limougeaude (Source : Page facebook, Limoges cSp vs Pau-Orthez, le plus grand classique).

Quelques kilomètres plus loin, dans les environs de l’Avenue de Beaublanc, des pancartes sont installées pour l’effet. On lit sur l’une d’entre elle « Orthez au Zoo, libérez les animaux !» ou plus franchement « Anti-Pau ». Des plots de la DDE avaient été même détournés avec le slogan du mauvais « hooligan », « Anti-64 » (Pardon les basques), histoire de motiver un peuple marchant vers sa destinée.

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Le match de l’année aura lieu en Pro B, selon le grand quotidien sportif, l’Équipe (Source : L’Équipe, 29 janvier 2010 – Archive Blondeau).

Le jour J, le cocktail s’annonçait explosif. Limoges était venue en masse, le couteau entre les dents. Juste avant le coup de sifflet, Beaublanc en ébullition rejoue son « Histoire » européenne et française. Une ambiance « révolutionnaire » pour une LNB à la rue, qui se contentait jusqu’à présent depuis la « chute du mur », le Limoges CSP, en 2000, de décerner le titre de meilleur public à celui qui gueulerait le plus fort, l’insipide slogan, « Defense » (NB : nous leurs répondons « Attaque ! »). Côté parquet, les béarnais prenaient l’affrontement en leur faveur et se détachaient progressivement jusqu’à ces deux dernières minutes miraculeuses.

Jusqu’alors, Gipson, Mendy sont au diapason de la victoire, secondés parfaitement par les « yougoslaves » de l’Élan, Maravic et Rimac. Et pourtant, les esprits du Palais n’ont pas délibérés. Car, la déraison qui animait Beaublanc, rebondissait sur le terrain. Dès lors, Alhaji Mohammed, John McCord enchaînaient les paniers et recollaient, avant un improbable tir salvateur à mi-distance du « Héros » d’un soir, John McCord dans la dernière seconde permettant d’arracher. 70-70, Beaublanc, en délire, prolongation. La suite, on la connaît forcément. La prolongation était pour le public, portant les siens, en zone, sous une pluie de hués à chaque possessions tremblantes des béarnais.

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L’article de l’Équipe, 30 janvier 2010 (Source : L’Équipe, 30 janvier 2010 – Archive Blondeau).

Rien n’y faisait, Gipson, isolé au milieu des fantômes « Henri IV », ne pouvait plus soulever la Montagne. Limoges s’imposait 85 à 80 et les fans limougeauds pouvaient expurgés une joie trop longtemps contenue dans une boîte à souvenir.

Ci-dessous le résumé de la rencontre (France 3 Limousin – Archive Beaublanc.com) :

À la sortie, le seul béarnais qui pouvait sortir la tête haute se prit une dernière reconnaissance « made in Limoges », un verre d’eau froide, en signe de baptême comme le veut la tradition établie depuis quelques lustres, à chaque fois qu’un béarnais ressortait par l’escalier.

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Alors pour ce 101 ème classique, prenez-nous pour des fous, nous nous battrons jusqu’à la déraison, pour notre cause, car Limoges restera avant tout, à jamais, le premier ; Pau à jamais son second. Fermez le banc et ouvrez le Zoo.

Les curieux «missionnaires» de la paix froide en terre de Résistance (2 ème partie)

Le limoges de la fin des années 1940 et 1950 est sembable à n’importe quelle ville d’Europe de l’Ouest. Depuis 1945, Limoges a accueilli de nombreuses formations d’Europe de l’Est. En 1951, Limoges a eu l’honneur d’acceuillir, « for the first time », les prestigieux Harlem Globe Trotters, ambassadeurs de la paix américaine.

In the mood : Harlem Renaissance

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Les légendaires New-York Rens (Source : basketusa.com).

Harlem, un beau nom d’un foyer culturel New-Yorkais, lieu du swing des Jazzmans à la couleur noire chocolat. Une identité marquée par ses musiciens de renoms comme Duke Ellington, Chick Webb, Jimmy Lucenford pour ne citer qu’eux, têtes d’affiches en Europe, beaucoup moins considérés à contrario aux États-Unis où règne encore une ségrégation raciale hérité des temps de l’esclavage. Durant l’entre deux-guerres, Harlem connaît une « Renaissance » et devient aux yeux de tous la capitale mondiale de la culture noire. Cette « Renaissance » littéraire, théâtrale, musicale, voir vestimentaire, a aussi sa facette sportive. En 1927, un malin entrepreneur américain de l’Illinois, Abe Saperstein, profitant de l’embellie autour d’Harlem, a l’idée de mettre en place une équipe dénommée « Harlem Globe Trotters », en rachetant le « Savoy Ballroom de Chicago » basé… à Chicago.

À Harlem, la véritable formation afro-américaine représentant la mouvance du « Harlem Renaissance » s’appellent non pas « Harlem Globe Trotters » mais bel et bien les « New-York Rens ». Équipe mythique de l’entre deux-guerres. Les New-York Rens, exclusivement composés de joueurs de couleur noir, vont défier toutes concurrences. Lors de la saison 1932-1933, le basket-ball offre aux noirs la meilleure opposition à leurs frères blancs, en remportant, tenez-vous bien : 120 victoires contre 8 défaites dont 6 contre les « Boston Celtics ». À cette époque, les joueurs du Rens souffraient d’un manque de reconnaissance et de la politique des blancs à l’encontre des noirs. Seuls les « Celtics » manifestèrent une véritable sympathie pour ces forçats du ballon orange notamment lorsque l’American Basketball League décida sciemment la participation des Rens au sein de la meilleure ligue du Monde, c’est alors que les « Celtics » décidèrent à leur tour de quitter temporairement la ligue. Alors, si les blancs américains firent peu de cadeaux à la négritude, en cloisonnant les espaces réservés à ceux de couleurs, les noirs américains apportèrent une vision innovatrice des États-Unis et au Basket-Ball, loin des considérations réactionnaires de l’époque.

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Les Harlem Globetrotters, la première équipe, ici en 1927 (Source : Nydailynews.com).

C’est dans cet esprit que les Harlem Globetrotters partent à la conquête des États-Unis, puis du Monde. Dès 1927, les redoutables artistes Walter « Toots » Wright, Byron « Fat » Long, Willis « Kid » Oliver, Andy Washington et Al « Runt » Pullins, font sensations. Premier match, à Hickey (Illinois), devant 300 spectateurs enthousiastes, puis très rapidement devant des foules considérables partout à travers le pays à la bannière étoilée. En 1948, afin de prouver leur supériorité les Minneapolis Lakers invite les Globetrotters pour un match exhibition à Chicago. Les Harlem battent 61 à 59, les Minneapolis Lakers du pivot George Mikan, idole des débuts de la NBA, devant plus de 17 000 personnes au Chicago Stadium. Nous sommes alors à l’apogée des « Harlem Globetrotters ». À la fin des années 1940, les Harlem peuvent être considérés comme la meilleure équipe du Monde.

En mission autour du « Globe » pour la paix et le basket-ball

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Une photo des Harlem lors de leur tournée en Europe en 1951 (Source : page facebook, Musée virtuel du Basket – Fonds Albert Chaminade).

En 1950, les Harlem prennent un tournant historique. Dramatique dans un premier temps puisque les meilleurs joueurs des Harlem signent les uns après les autres dans les formations de NBA, notamment le tout premier noir de la ligue, Chuck Cooper, issu des rangs des Harlem. Avec la guerre froide, les américains ont peurs du basculement de l’Europe dans le camp de l’Est. Dès lors, le plan Marshall rentre en œuvre et offre aux européens la bienséance américaine à tout point de vue. Le grand manitou des Harlem, Abe Saperstein flaira le bon coup. Ainsi, en l’année 1950 est organisée la première tournée transcontinentale des Harlem Globetrotters. Une tournée qui se conclura sur un véritable succès. Il faut dire que les Harlem jouent un basket-ball des plus déconcertant en offrant un spectacle complet où tout passe, smatch, passe à gogo, tir improbable de loin, de près. Une école du spectacle, une école de technicité, moquait par les commentateurs de l’époque n’hésitant pas à qualifier de « cirque ». Pourtant Le Monde en redemande !

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Extrait du Populaire du 23 juin 1951 (Source : Populaire du Centre, 23 juin 1951 – BFM Limoges).

En 1951, deuxième tournée, avec plusieurs escapades en Europe, à Paris, à Rome… et à Limoges ! Déjà depuis mai, le comité local dirigé par Albert Chaminade annonçait la venue d’une équipe au fort potentiel qui allait ravir le public limougeaud mais on ne s’attendait pas à recevoir les « Harlem Globe Trotters » si promptement en Limousin. Les américains ont de quoi assurer le « show » avec Marquès Haynes, stupéfiant par sa faculté à jongler, lit-on dans le Populaire du Centre du 23 juin 1951, sans oublier l’autre attraction « Goose » Tatum tout aussi ahurissant, capable de « feintes soudaines, inattendues, son adresse au panier laissent pantois ses adversaires et parfois ses partenaires. ». Lesquels sont opposés à leur habituel adversaire, les « Whirlwinds », valeureux basketteurs, composés d’une fratrie, les 6 frères Clark, dont la mission est d’essayer de perdre avec les honneurs.

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Extrait du Populaire du Centre (Source : Populaire du Centre, 22 juin 1951 – BFM Limoges).

En appetizer, le comité d’organisation a invité l’équipe Universitaire américaine de South Sewanee (Hawaï), beaucoup moins prétentieuse mais qui compte de bons éléments qui feront face à une formation limougeaude regroupant des éléments de l’ASPTT, du CLBRA et de La Martiale. Et comme c’est la venue des « Harlem », des animations viennent compléter le bouquet avec la présence « de jeunes filles d’Honolulu qui, depuis leur plus tendre enfance ont été bercées par le rythme des hukulelees […] accompagnées par le chanteur Rémy Brooks. » et sans compter un match de ping-pong entre le champion du monde professionnel, Marty Reismar et l’ex-champion du monde, Douglas Cartland.

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Une phase du match à Limoges (Source : page facebook, Musée virtuel du Basket – Fonds Albert Chaminade).

Ce festival de Basket-Ball a lieu au Stade Municipal de Limoges, à l’actuel emplacement du Palais des Sports de Beaublanc. Le 24 juin 1951, Limoges rencontrait depuis fort longtemps, le basket américain. La journée débutait sur la rencontre Limoges-South Sewanee qui s’achevait sur un score honorable en la défaveur des français, 38 à 49, dans laquelle, Pasquet et Peynichou furent les principaux réalisateurs limougeauds. Venait ensuite, la rencontre tant attendue. Les Harlem proposaient au public un véritable « numéro ». Bill Brown en tête, s’amusa de l’arbitre, lui faisant des petites farces bien senties toutefois comme le rapporte, le journaliste du Populaire du Centre, Courbebaisse, « le sport ne perdit jamais ses droits ».

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Le show des Harlem à Limoges (Source : page facebook, Musée virtuel du Basket – Fonds Albert Chaminade).

En revanche, le journaliste fait peu de cas du match dans son ensemble même si Haynes s’est fait remarqué en exécutant sa spéciale, le dribble au sol. Nous étions en 1950, les Harlem en Limousin étaient vu comme des basketteurs mais également et surtout comme des amuseurs, caractéristique de leur « race », c’est ainsi que le journaliste du quotidien régional dressa son constat un tantinet raciste : « clowns, ils le sont, avec toute la spontanéité de leur race, dont le rire, le rire joyeux et sain, semble être propre. ». Une analyse que n’aurait pas renier l’ancien pouvoir, celui du Régime de Vichy. Mais gardons l’essentiel, « Quoi qu’il en soit, clowns jongleurs ou joueurs, ils nous ont offert un ballet fantastique et ne sauraient être mieux qualifiés par Max Favalelli, qui les présente comme «  les danseurs de la balle ». » rapporte justement le chroniqueur du Popu’ puisque les Harlem Globe Trotters, ça se regarde et ça s’apprécie. Alors venez assister ce soir, à 20h, au Palais des Sports de Beaublanc, à ce spectacle unique.

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Extrait Populaire du Centre du 25 juin 1951 (Source : Populaire du Centre, 25 juin 1951 – BFM Limoges).

Limoges CSP 1992-1993, les 24 ans

Pourquoi un énième article sur 1992-1993 ? Je me suis posé la question récemment. En regardant, ici et là sur Internet, je n’avais pas trouvé tous les résultats de la saison mythique du Limoges CSP. Petit retour d’horizon sur la saison 1992-1993 qui je l’espère vous plaira.

Championnat de France

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Debout de gauche à droite : Maljkovic, Stojovic, M’Bahia, Butter, Redden, Bilba. Accroupis de gauche à droite : Pavrette, Botton, Dacoury, Zdovc, Forte, Dupraz et Guillon. Manque Jimmy Vérove (Source : Photo Populaire du Centre, 17 septembre 1992 – Archives Blondeau).

25 sur 26, un parcours quasiment parfait pour le CSP. Il fallait le faire, dans cette nouvelle formule hybride n’était pas à l’avantage des « grandes équipes » du Championnat. Limoges n’a guère connu une baisse de régime durant ce marathon, débutant en septembre 1992, à l’exception d’une seule défaite chez son éternel rival, l’Élan Béarnais emmené par son géant roumain Gheorge Muresan (19 ème journée), mettant fin à une série de 17 victoires consécutives !

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Du côté des individualités du Limoges CSP, les statistiques indiquent une très bonne saison de Jim Bilba et Frédéric Forte pour les français et de Jurij Zdovc pour les étrangers. Ainsi, Jim Bilba truste la cinquième place du joueur le plus adroits aux tirs (62,8%), à quelques places de son coéquipier, Jurij Zdovc, classé premier à l’adresse (64,7%). Toujours Bilba, compétiteur sur ressort, se classe à la sixième place des contreurs (1,1 contres), bien loin derrière le géant Mursean, meilleur contreur 1992-1993 avec 2,8 contres par match. Son compatriote, originaire de Normandie, Frédéric Forte occupe quant à lui, la troisième place du joueur le plus adroit à trois points avec 47,3% de réussite mais le slovène du Cercle Saint-Pierre, Jurij Zdovc fait encore mieux en tournant à l’excellento de 51,2% de réussite derrière l’arc des 6 m 25, terminant par conséquent sur la plus haute marche du podium. Il s’octroie également le cinquième meilleur passeur de la Nationale A1 (4,7 passes). Et pour terminer la boucle, la meilleure gâchette à trois points s’offre une septième place à l’exercice des interceptions (2 interceptions).

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Dacoury lors du Tournoi Legrand, 1992, une véritable toile d’araignée (Source : Photo Maxi-Basket, 1992 – Archives Blondeau).

Cette montagne de statistiques cache un ensemble tout aussi performant. Michael Young, Richard Dacoury, Willie Redden, Jimmy Vérove, Franck Butter, Marc M’Bahia, Dusko Ivanovic ont brillé conséquemment en Championnat de France.

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Logiquement, Limoges a surpassé tous ses adversaires pour la course à la première place. Antibes, Pau, à la fin de la 26 ème journée sont largement distancés avec un bilan comptable de 19 victoires et 7 défaites, soit 6 victoires de moins que le leader limougeaud.

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Play-Offs

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Muresan ne peut pas être au four et au moulin pour l’Elan Béarnais durant ces play-offs (Source : Photo Bellenger, Thierry Bretagne, L’année du basket 1993 – Collection Blondeau).

À l’image de sa saison régulière, Limoges a survolé les play-offs. Ni Saint-Quentin, ni Montpellier, ni même Gravelines ont su posés une écharde à la compagnie limougeaude. Invincibles, les limougeauds tombent sur l’équipe du « Vrai » colosse des Carpates en finale. L’Élan Béarnais, entraîné par Michel Gomez pose un défit de taille au Limoges CSP, alors récent vainqueur de la compétition reine du continent européen. Pour cette finale, une nouveauté préfigure au menu du Champion de France 92 et du Champion d’Europe 93, pour la première fois le match au sommet est disputée au meilleur des cinq matches. À cet exercice, Limoges se montre sous son véritable visage lors des matches 1 et 2 toutefois au match 3, les arbitres réussissent à semer la discorde.

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La mêlée, la cohue entre béarnais et limougeaud (Source : Photo L’Équipe, mai 1993 – Lequipe.fr).

Dans le sprint final, comme à son habitude, le Cercle prend le chronomètre à son compte, puis une fois passée les trente secondes, Limoges achève son rival par un trois points meurtrier de Jim Bilba qui donne la victoire aux siens, entérinant le titre de Champion de France. Pourtant.. dans les immédiates secondes qui suivirent l’action, les arbitres s’en mêlent les sifflets en raison du refus prononcé par la table de marque d’accorder le panier. Motif : dépassement du temps légal. 73-69, Limoges battu, le camp limougeaud scandalisé, hurle au vol orchestré. Farmer salue les supporteurs limougeauds d’un doigt d’honneur sincère. On frise l’émeute sur le terrain, dans la salle l’émeute commence un instant sur un départ de  »lacrymogène » dit-on.

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Farmer a été secoué par Michael Young, une bonne punition finale (Source : Photo L’Équipe, mai 1993 – Lequipe.fr).

Match 4, le CSP plie l’affaire sur un score maljkovien, 64-68. « Limoges champion de France » lit-on dans la presse. André Sardain (membre du comité directeur du Limoges CSP) dira dans les colonnes de l’Équipe, à propos de cette consécration : « bien plus heureux de ce titre-là que du titre de champion d’Europe ». Le plus beau titre peut-être pas mais certainement le plus beau face à son rival des Pyrénées.

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Tournoi des AS

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À Lyon, lors de la semaine des AS, Cholet a posé des soucis à une équipe du CSP fatiguée par sa saison interminable (Source : Photo Bellenger, Thierry Bretagne, L’année du basket 1993 – Collection Blondeau).

Un tournoi des AS 1993 où Limoges aura brillé par son absence. Limoges était tourné vers l’Europe et sa rencontre de barrage de Coupe des Clubs Champions, une rencontre capitale pour gagner son ticket pour Athènes. Battu par Cholet en demi, puis par Levallois pour la troisième place, ce tournoi des AS aura été le point d’ombre de la saison dorée du Limoges CSP, laissant le soin aux palois de manger le Pitch de Cholet en finale.

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Coupe d’Europe des clubs champions

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Une équipe de légende (Source : Collection Blondeau).

Après un départ compliqué face aux anglais de Guildfords, Limoges se qualifie facilement pour la deuxième phase, de la Coupe d’Europe des clubs champions, celles des Poules, en remportant sans trop de craintes, le match retour par le score de 71 à 57.

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Cette deuxième étape n’est pas sans embûches pour les jaunes et grenats. À Salonique contre le PAOK, puis à Beaublanc contre la Virtus, Limoges ne décolle pas. Vient le 3 décembre 1992, où Limoges compose une très belle partition contre Badalone, une véritable symphonie de Mozart ! À ce moment là, le CSP montre sa cohésion, sa puissance collective.

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Au final, Limoges a fait carton plein et s’accorde la deuxième place de la Poule B. Tandis que le Maccabi Tel-Aviv, le Cibona Zagreb et la Joventut Badalone restent sur le carreau.

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Au Casino des quarts de finale, les limougeauds s’offrent une cylindrée pimpante : l’Olympiakos BC. Soutenu par la moitié d’un pays, l’Olympiakos BC a toutes les cartes pour remporter une rencontre en Limousin. Belle équipe, fort en gueule, les grecs doivent s’assurer une qualification aisée. Tous les commentateurs disent que Limoges devra surmonter une montagne emmenée par une star du basket-ball mondial, Žarko Paspalj.

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Jurij nouveau libérateur de Limoges (Source : Écho du Centre, 18 mars 1993 – Archives Municipales Limoges).

Et pourtant, le CSP va déjouer tous les pronostics en poussant l’Olympiakos à la Belle décisive, dans un Palais des Sports de Beaublanc bondé comme jamais ! Dans les dernières secondes de la rencontre, un drame grec tient séance… Paspalj met le pied en touche, Zdovc transforme la possession limougeaude en une victoire, sur un tir en orbite, 60-58. Chantez Dionysos, nous voilà à Athènes !

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Pas besoin de revenir sur ce Final-Four historique pour le basket-ball français. Limoges sacre la France pour la première fois dans une compétition européenne prestigieuse. Madrid, Trévise ont eu dans le Kukoc cette fois-ci.

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Du point de vu des statistiques individuelles, Limoges semble avoir fait un vol à l’étalage avec deux joueurs seulement à plus de 10 points (Young : 20,9 points ; Zdovc : 11,6 points).

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Mais quel est le secret de Limoges pour gagner autant de rencontres et aller jusqu’au bout ? La défense tout simplement. Le Cercle Saint-Pierre concède lors de la saison 1992-1993, seulement 61,8 pts par match. Magnifique pour les dévots et prélats du Cercle, de l’anti-basket pour les éternels perdants. En 1993, Limoges était la Capitale du Basket-Ball Français et Européen. Gloire à eux !

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Alors Limoges Magique ?! (Source : Libération, 16 avril 1993 – Archives Blondeau).

Le saviez-vous ?

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Le CSP et Dacoury en mai 1993 sont devenus des modèles pour la jeunesse française à l’instar de la NBA, la preuve avec ce livre d’initiation au basket-ball (Source : J’adore le Basket, mai 1993 – Collection Blondeau).

Le 20 octobre 1992, l’ancien meneur de la Yougoslavie, Jurij Zdovc réussit 8 sur 8 à trois points. Ce record tiendra jusqu’au 25 avril 2015 où ce jour là, Darnell Harris (Orléans) fit mieux avec 9 sur 9 à trois points contre le CSP, soit 22 ans plus tard.

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L’article du « Popu » mentionnant l’exploit de Jurij Zdovc, 8 sur 8 à trois points face au Mans (Source : Populaire du Centre, 21 octobre 1992 – Archives Blondeau).

2 comme les deux récompenses attribuées en fin de saison aux meilleures individualités. Michael Young est récompensé par ses pairs en obtenant le titre de MVP étranger de la Nationale A1. Son entraîneur, Bozidar Maljkovic, le sorcier du Limoges CSP obtient le titre de meilleur entraîneur de la division.

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Séance d’autographe pour Michael Young (Source : Photo, Fabrice Mouzard, 1993 – Collection Mouzard).

Lors de la Belle des quarts de finale de la Coupe des Clubs Champions, le 17 mars 1993, Beaublanc était tellement bondé qu’il y avait selon les habitués entre 8000 et 9000 spectateurs dans le Palais des Sports. Quelques 300 grecs étaient également de la partie, des fervents ultras dont l’un d’entre eux n’a jamais pu retrouver son pays… mort dans l’un des cars menant à Limoges, en raison d’une surcharge de produit illicite. La légende dit qu’il aurait été enterrer sur une aire d’autoroute non loin de Châteauroux.

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Les grecs de l’Olympiakos à Beaublanc (Source : Photo internet).

Le 15 avril 1993, la petite lucarne offre aux français du basket-ball en prime time, avec la finale de la Coupe d’Europe. Au moment de l’interception du meneur de poche, Frédéric Forte, ils sont 7 millions à vibrer en France et tout autant dans le reste du monde !

Les curieux « missionnaires » de la paix froide en terre de Résistance (1 ère partie)

À l’occasion de la venue des Harlem Globe Trotters, le 24 avril prochain, le blog « Mon Ballon Orange » vous propose de vous replonger dans deux événements « basket » de cette guerre froide. Une guerre qui sera intense durant les deux premières décennies du conflit larvé. En Europe, et en particulier à Limoges, les deux puissances belligérantes, à travers le Basket-Ball, fournissent un travail de propagande remarquable et spectaculaire pour le grand public. Ainsi en 1946 et en 1951, le comité départementale de basket-ball de la Haute-Vienne et la Ligue du Limousin s’offrira deux invités hors du commun : La sélection nationale de Basket-Ball de l’Union Soviétique (1946) et un peu plus tard les talentueux Harlem Globe Trotters (1951).

Août sera Rouge en Limousin

Août 1946, nous sommes un an après la fin du dernier grand conflit mondial. Le Limousin pleure ses morts, ceux d’Oradour, de Tulle et d’ailleurs. Elle s’était vengée de l’infamie en appliquant une épuration très violente à l’encontre des collaborateurs dans les premiers mois qui suivirent la libération de la « région ». Une « épuration » qui s’arrêtera seulement à partir de 1945, même si les règlements de compte continueront pendant l’année 1946. Durant cette année, un parti monte localement, le Parti Communiste Français, celui des « 70 000 fusillés » comme on l’appelle à l’époque, en référence à son activité résistante durant la Deuxième Guerre Mondiale. Signe de sa percée politique, Limoges est désormais depuis 1945, dirigée par un maire communiste, Georges Guingouin, figure de la résistance limousine et de la R5.

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Extraits de « La Marseillaise du Centre » (Source : La Marseillaise du Centre, 5 août 1946 – BFM Limoges).

Le 4 août 1946, fort d’un soutien populaire indéniable, devant 60 000 personnes, dans les bois de la Bastide (Limoges), lit-on dans la presse communiste, Jacques Duclos, vice-président de l’Assemblée et secrétaire du PCF, fait les éloges de ce vieux département socialiste qui a semé « le bon grain » du socialisme à l’image du pacifiste et unitaire, Adrien Pressemane. À cette occasion, le député communiste interpelle son auditoire sur le danger qui pèse sur la paix en s’exclamant « nous sommes adversaires de la politique des blocs, qui prépare la guerre », en insinuant ainsi les tensions américano-soviétiques qui s’affichent aux grands jours partout dans le globe. Avant de terminer, sur un vibrant « Unissons-nous camarades ouvriers […] Ensemble bâtissons une République puissante, laïque et démocratique ». En cet été brûlant, la ville de Limoges, le thermomètre affiche, sans peurs, les paroles révolutionnaires de « La Marseillaise » et de « L’Internationale ». Mais parmi ces nombreux événements de l’été 1946, un événement attire notre attention : la venue d’une délégation de basketteurs soviétiques à Limoges.

Les basketteurs soviétiques passent à l’Ouest pour rencontrer leurs frères de la « Petite Russie » (Août 1946)

En Union Soviétique, le peuple de la révolution se relève peu à peu des affres de la guerre. Malgré les pertes, l’URSS compte pas moins de 100 000 basketteurs sur tout le territoire contre 82 000 en 1941 ! Un essor qui s’explique par la création de nombreux terrains de sports dans l’immense territoire et de l’expansion des « bastions » du basket-ball soviétique comme les pays baltes et la région de Moscou. Mais voilà, de 1935 à 1946, les soviétiques n’ont jamais connu le goût des rencontres internationales, en raison d’une tradition politique et d’une certaine peur de l’étranger « malveillant » bien qu’en 1938, ces derniers avaient adhéré à la FIBA. Après 1945 et la victoire des Alliés, les liens noués durant la guerre se transmirent, par le biais des partis communistes de l’ouest et de ses nombreuses organes sportives et éducatives. Ainsi les ponts entre les soviétiques et l’Ouest sont rétablis, il ne reste qu’à officialiser les échanges.

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Au cours des années 1940-1950, le basket-ball deviendra progressivement un sport en vogue en URSS comme le montre cette affiche (Source : Pnterest.com).

En Basket-Ball, les échanges internationaux s’officialisent sous l’auspice de deux équipes soviétiques : l’équipe féminine de basket-ball de l’Institut d’aviation de Moscou (MAI, évoluant dans le Championnat de Moscou, premier de la saison 1945-1946) et l’équipe masculine du « Stroitel » («Constructeur ») de Moscou (évoluant dans le Championnat de Moscou, deuxième de la saison 1945-1946). L’URSS a coché dans son calendrier un seul pays, le plus beau bien entendu, la France. Pour le basket-ball soviétique, il s’agira de sa première tournée internationale, depuis l’introduction du basket-ball en Russie. Au programme, Paris, Lyon, Marseille… et les impensables, Limoges pour la sélection masculine, Brive pour la sélection féminine !

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L’équipe du CAPO Limoges quart de finaliste 1945-1946 dont certains d’entre eux seront présents pour la rencontre (Source : La Marseillaise du Centre, 12 août 1946 – BFM Limoges).
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L’équipe de La Martiale et ses Feuillade, Deschamps, Gandois… du beau basket (Source : La Marseillaise du Centre, 13 septembre 1946 – BFM Limoges).

À Limoges, la presse communiste représentée par « La Marseillaise du Centre » (deviendra l’Écho du Centre) relaye abondamment l’événement. Les soviétiques doivent arrivés par le chemin de fer, le mardi 6 août et croiseront le fer le mercredi 7 août, à 20h30 contre une sélection de Limousine de la FSGT et de la FFBB composée des joueurs les plus en vue du moment : Pasquet (CAPO), Berraud (CAPO), Seignole (CAPO), Carreau (CAPO), Bierne (CAPO), Feuillade (La Martiale), Peynichoux (La Martiale), Deschamps (La Martiale), Raymond (ASPTT), Perrin (ASPTT), Boudy (ASPTT), Schneider (O. Guéret).

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L’emplacement du Stade l’Évêché, à quelques mètres près, lieu improbable de la rencontre Limoges-Moscou (Source : Google Earth).

Le lieu de la rencontre, le Stade de l’Évêché, tient également de l’improbable, spécialement aménagé pour la plus belle affiche sportive de l’année, après la rencontre Limousin-Suisse en football. Le terrain n’existe plus aujourd’hui mais il fut la pépinière des Cadets de Saint-Étienne, le patronage de la Cathédrale de Limoges, qui malheureusement en est privé au début de la guerre, transformé à la suite des événements de la Bataille de France, en un poste de surveillance de la défense passive.

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Anatoly Koniev, une légende du basket-ball soviétique (Source : http://www.sport-strana.ru).

Nul doute que l’événement va attirer une foule record, comme à Lyon et à Marseille, où ils étaient des milliers de français à venir admirer, l’équipe soviétique au jeu peu conforme à l’éthique de l’Ouest. À titre d’exemple, dans la capitale rhodanienne, la rencontre s’est tenue devant plus de 10 000 lyonnais, dans une Place Bellecour, noire de monde, « dans l’enceinte, aux arbres, aux lampadaires et sur les bancs » rapporte le chroniqueur sportif de « La Marseillaise du Centre ». Il faut dire que la sélection soviétique a de l’allure : Ouchakov (n°3), Kolpakov (n°4), Gourievitch (n°5), Tarnasov (n°6), Alexiev (n°7), Legorov (n°8), Koniev (n°9), Preobragenski (n°10), Lobanov (n°11), Moysseiv (n°12), soit une bonne moitié de la sélection soviétique qui sera… championne d’Europe lors de l’Eurobasket 1947 !

L’élément star de l’équipe, fait office de géant pour le basket-ball international avec ses 1,98 m, prodige du basket-ball , ayant fait ses gammes au « Dynamo Moscou », Anatoly Koniev sera élu meilleur joueur de l’Eurobasket 1947. Derrière Ouchakov, Kolpakov, Moysseiv, futurs internationaux, sont autant d’atouts pour cette sélection inconnue du grand public.

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Photo réception des soviétiques arrivant sur le parvis de l’Hôtel de Ville (Source : La Marseillaise du Centre, 9 août 1946 – BFM Limoges).

À Limoges, on ne voit, en eux que les dignes représentants de l’URSS, négligeant légèrement le niveau quasi « international » de l’équipe des « Constructeurs de Moscou ». La plupart furent décorés pour leur bravoure sur le front, de Leningrad en passant par Stalingrad. Il faut dire, en outre, que cette rencontre n’est pas anodine dans une région où non seulement les maquis furent largement composés de ressortissants soviétiques (entre 10 à 20 000 pour le seul Limousin et Dordogne !) mais également peut-on le dire sans se tromper, où l’Association France-URSS, était la plus prospère de France.

D’ailleurs, à leur arrivée, les soviétiques furent reçus avec tous les honneurs par la municipalité, représentée pour l’occasion par l’adjoint aux sports, M. Serge Gauthier. Une journée terminée, entre « frères » du PC, ils burent tous ensemble le verre de l’amitié, au siège du Parti internationaliste, échangeant bien volontiers leur passé commun, mettant en avant du côté russe, tout le plaisir qu’ils avaient à venir dans une des capitales de la Résistance. Une véritable « Petite Russie » pour les soldats du III ème Reich.

Le match à 40 000 francs

La rencontre se joue à guichet fermé (ou ouvert, au nombre de resquilleurs probablement important). Le Populaire du Centre du 8 août 1946, annonce une « foule record » pour une recette de 40 000 francs (combien était-il ? selon le prix et la taille des tribunes, la foule aurait pu être comprise entre 1000 et 2500 spectateurs, pourrait-on dire légitimement sans trop prendre de risque²). L’équipe locale entraînée par le coach du CAPO Limoges, Vergnenègre a eu à cœur de défendre les couleurs limousines, qui surfe jusqu’à présent sur une bonne dynamique (nb : Le CAPO Limoges a été quart de finaliste de la première division FFBB lors de la saison 1945-1946 !). Mais de là à réussir à battre des russes invaincus depuis le début de la tournée, la marche est grande !

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Extrait de « La Marseillaise du Centre », on voit ci-dessus, Koniev testant les panneaux du haut de ses 1m98 (Source : La Marseillaise du Centre, 8 août 1946 – BFM Limoges).

Voici le récit de la rencontre rapporté par le correspondant de La Marseillaise du Centre :

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Schneider, l’un des joueurs marquants de la saison 1945-1946 (Source : La Marseillaise du Centre, 14-15 septembre 1946 – BFM Limoges).

« Après un début confus, la team moscovite prend la direction des opérations. Carreau, toutefois, ouvre la marque sur coup franc. Riposte soviétique qui se traduit par 7 points. Cette mi-temps fut, en somme, en faveur des Soviétiques qui grâce à leurs moyens physiques essentiellement, portaient leur avantage à 23 points contre 10 au team limousin. » [ Pas mal, d’autres sélections régionales avaient concédé des scores supérieurs ] « Transcendant, fut le deuxième « time »… aiguillonnés par la marque au repos, les limousins entament un assaut irrésistible. Bien menée par Pasquet, l’attaque accule les Soviétiques sous leurs panneaux. Ces derniers réussissent cependant quelques percées fructueuses, ayant à leur actif un jeu de passe nettement supérieur. ». Toutefois, le changement de cinq sera fatal aux limougeauds, alors que Schneider et Pasquet réussirent de splendides percées dans la défense massive des soviétiques. Le jeu des russes sans véritablement prendre nettement le dessus conclut le match de gala par le score de 43 à 21. Ce jeu, pratiqué par ces citoyens soviétiques est des plus classiques, peu de fioritures, surtout des passes sèches et précises qui aboutissaient dans les mains du géant Koniev.

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Le MAI Moscou, à Paris, août 1946, à Roland Garros, une équipe prête à devenir championne d’Europe avec les couleurs de l’URSS (Source : http://www.sportclubmai.ru).

À Brive, les féminines du MAI de Moscou battaient quant à elles, leurs consœurs de Fémina-Sports par un score sans appel 46 à 12. Comme les hommes, les femmes sortiront de leur tournée, invaincues (elles marqueront 343 points pendant toute la tournée, contre 64 au total pour toutes les équipes… françaises !). Pour l’URSS, c’est une sortie réussie ce qui n’échappera pas aux actualités de Pathé-Gaumont qui en fera un reportage sur ces curieux lanceurs de balle, venus en paix, sans chars T34, dans le cadre d’une amitié Franco-Soviétique importante, deux vainqueurs de la dernière guerre. Les décennies suivantes confirmeront cette domination soviétique en remportant quasiment tous les titres du continent européen, et notamment à l’occasion de leur retour en France, en 1951, en remportant au Stade de Football de l’EDF (eh oui!), le Stade Colombes, la finale de l’Eurobasket (en voici une photo ci-dessous !).

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Eurobasket 1951, au Stade Yves du Manoir, Colombes, Paris, ici ci-dessus l’équipe de l’Union Soviétique parmi lesquels on distingue Anatoly Koniev, deuxième en partant de la gauche (Source : Archives Blondeau).

NB : La deuxième partie, sur les Harlem Globe Trotters à Limoges (1951), est prévue pour le 24 avril, patience.

Limoges CSP (1979-1980) – L’Arche du CSP en plein déluge

Dernier article de cette chronique qui vous aura fait voyager, je l’espère, dans l’univers des années 1970. La saison 1979-1980 clôture notre feuilleton vert et blanc, riche en rebondissements. Septembre 1979, le Limoges CSP entamait sa deuxième saison en Nationale 1, la plus dure de son histoire.

Faire du neuf avec de l’ancien

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Yves-Marie Vérove, un joueur classe pour le Limoges CSP (Source : Photo internationaux-du-basket.fr).

Sur les tablettes du Limoges CSP figure une liste de noms mélangeant « rêves » et « réalisables ». Parmi les réalisables, entre les lignes, on distingue un vétéran berckois, Yves-Marie Vérove. Idole du chn’ord, jeune gaillard des pérégrinations européennes de l’AS Berck, Yves-Marie n’est plus ce pilote de Formule 1 qui amena les siens, jadis au pied de l’Arc de Triomphe. Il n’en reste pas moins un excellent basketteur, gestionnaire, assez suffisant pour en faire un digne successeur de l’apache Claude Bolotny, annoncé à la retraite pour l’exercice 1979-1980 [mais reprendra du galon avec l’affaire Métadier ; par conséquent Claude Bolotny attendra 1980 pour raccrocher les baskets]. Vérove, une signature qui claque pour le Limoges CSP de Jeff Dubreuil qui donnera par la suite une véritable lignée de basketteurs (Jimmy, Franck et Jammy le dernier en date, espoir actuellement au Cercle Saint-Pierre, passé par Le Portel et Pau-Lacq Orthez notamment). La venue de cet architecte du poste 1 demande en outre une combinaison nouvelle au poste 4-5. Limoges trouve son bonheur en recrutant, Jean-Luc Deganis, passé par le Racing Club de France et international junior en 1978. La seule touche « jeune » de cette saison haute en couleurs.

Les 50 ans du Limoges CSP

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L’autocollant de la saison 1979-1980 (Source : Archives Blondeau).

On le sait bien, l’effet de surprise dont bénéficié le CSP s’est envolé depuis belle lurette. En densifiant son effectif, les dirigeants du Cercle caresse un espoir d’un maintien paisible. Il faudra en payer l’addition. Limoges est-il allé trop vite, trop loin ? s’interrogent les limougeauds un tantinet pessimistes gardant en mémoire, l’épopée de l’ASPTT et de bien d’autres qui se sont brûlés les ailes avant le décollage. Les briscards, Faye-Moltimore-Maza pourront-ils guidés la cohorte à son modeste objectif ? En attendant, le club a tourné le dos à ses préoccupations d’ordre budgétaire car en cette fin d’année 1979, Limoges fêtera ses 50 ans et pour cela, « Limoges peut jouer le titre national dans un domaine celui de la plaquette annuelle comme le rapporte », en septembre 1979, le journaliste du Populaire du Centre, Michel Ploy. L’année d’avant, limoges avait publié une plaquette qui fit le bonheur du Président de la FFBB, Robert Busnel. 500 d’entre elles seront vendues (10 F. l’unité) lors de la rencontre télévisée (une première pour le CSP), Limoges – Le Mans, dans lesquelles figurent en bonne posture plus de 386 annonceurs, soit 50 de plus que l’an dernier, faisant la fortune du CSP (20 millions de centimes de recette). Une belle propagande, savamment organisée, qui plus est avec la présence de la télévision, rapportant aux cerclistes, 14 000 francs.

effectif 1Alors lorsque on demande à Xavier Popelier son avis sur l’état de forme de la nouvelle équipe, le président ne se fait pas prié : « Nous constituerons un groupe uni et qui prend ses décisions de manière démocratique. Nous tirons tous dans le même sens. Cet esprit rejaillit sur l’équipe et nous aide dans le recrutement, car, si des garçons comme Vérove et Deganis sont venus à Limoges alors qu’ils avaient d’autres propositions c’est parce que leurs renseignements sur le club étaient bons. ». La seule crainte des dirigeants est du côté du public limougeaud, sera t-il ou non de la partie ? Le champion de France, Le Mans, n’attire pas les foules à quelques jours de la rencontre. La retransmission gâchera t-elle la fête en rameutant le limougeaud dans leur salon plutôt qu’à la salle MU ? Rappelons que Limoges a le billet le moins chère de France : 25 francs.

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Extrait de l’article du Populaire du Centre présentant la Plaquette du cSp (Source : Populaire du Centre, septembre 1979 – Archives Blondeau).

Ces tracas répondent à une précédente conférence portant sur le CSP dans son ensemble et les perspectives à court et long terme.

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Les projets du Limoges CSP présenté par Biojout et Popelier (Source : Le Populaire du Centre, août-septembre 1979 – Archives Blondeau).

Porte fanion de sa région, le Limoges CSP comptait au début de la saison 1979-1980, 290 licenciés répartis de l’équipe première jusqu’aux catégories poussin(e)s. Une structure qui demande un accompagnement permanent et un bureau renouvelé ainsi : Jean-Claude Biojout est officiellement le président délégué du Limoges CSP et laissant le soin du secrétariat général au Docteur Parneix. Contenu de l’avancement du club et des projets municipaux (cf : le Palais des Sports notamment), Jean-Claude Biojout, fraîchement intronisé, promet aux sociétaires, une participation à joute continentale : « Dans trois ans c’est certain nous ferons une Coupe d’Europe » (août-septembre 1979, Populaire du Centre). Par conséquent, pour la saison suivante, le CSP devra « terminer 7e ou 8e [du Championnat de France N1] et participer aux play-off comptant pour l’attribution des deux dernières places de la Coupe Korac » poursuit donc le Président délégué à son auditoire.

Un cadeau d’anniversaire à digérer

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L’équipe de 1979-1980, debout de gauche à droite : Dominique (Kinésithérapeute), Massaux, Moltimore, Faye, Livio, Dacoury, Dubreuil (entraîneur) ; accroupis de gauche à droite : Rose, Billet, Yves-Marie Vérove, Maza, Narbonne. Sont absents : Bolotny, Deganis (Source : Photo Lacan – Plaquette Limoges CSP 1979-1980 – Facebook Encyclocsp).

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Le 22 septembre 1979 ouvrait le grand bal et prenait une volée face au Mans (72-105), emmené par Éric Beugnot ou encore Hervé Dubuisson. Le coach, Jeff Dubreuil, consterné, lâche une phrase sanglante : « On s’est renforcé, on s’y est cru ! ». Retrouvez ci-dessous, un extrait vidéo (INA) du début de la rencontre. La salle était loin d’être pleine (1200 spectateurs, bien en dessous des 2200 spectateurs de moyenne la saison précédente)… un 50 ème anniversaire en demi-teinte :

Limoges CSP – SCM Le Mans (1979)

Les rencontres télévisées sont-elles maudites pour le CSP ? Certainement non, puisque Limoges enchaîne les déconvenues. Il faut attendre la cinquième journée pour voir le Cercle sortir de sa mauvaise passe face à la CRO Lyon (94-87, 13/10/1979). Et comme tout va mal, Gérard Métadier pour une sombre histoire de sous malgré le soutien du Président Popelier, fait ses valises excédé par le manque de reconnaissance. L’équipe limougeaude va renaître durant le mois d’octobre en remportant une victoire de prestige contre l’ASVEL, puis contre Berck. En décembre, lors de la 16 ème journée, Limoges affiche un bilan pratiquement équilibré : 7 victoires, 1 nul pour 8 défaites.

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Jordan avant l’heure, Moltimore éblouit le Stade Français (Source : Centre Presse, 12 novembre 1979 – Archives Municipales de Limoges).
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Yves-Marie Vérove domine la raquette béarnaise de Brice Bisseni (Source : Centre Presse, 28 janvier 1980 – Archives Municipales de Limoges).

Toutefois, Limoges est loin de satisfaire les attentes de son entraîneur qui tel un comptable, lance à ses joueurs des mots d’ordres : « Ne pas perdre plus de 12 ballons contre Caen », « Réussir 30 shoots avant la douche ! » ; ce qui ne va pas améliorer le rendement des limougeauds dont les entraînements sont tenus depuis janvier 1980 par Lionel Moltimore, le bucéphale d’un CSP léthargique.

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La tension est palpable entre les joueurs et le coach Jeff Dubreuil (Source : Photo Le Populaire du Centre – Les Géants, Thierry Bretagne, septembre 1994).

Tout n’est pas noir, pour autant, Apollo réalise des merveilles comme le 26 janvier 1980, contre Orthez, où les arceaux de la salle MU deviennent le siège de son excellence, en captant 41 rebonds et marquant tout autant.

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Malgré une ultime prodigieuse victoire contre le Caen BC (96-77, 16/02/1980), Limoges stoppe sa saison régulière à la 11 ème place, avec 48 points et devra s’affranchir durant les redoutés barrages.

classement saison régulière

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Les barrages, mourir ou survivre aux déchaînements des flots

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Le programme du premier match du Limoges CSP, en poule de relégation, le 23 février 1980 (Source : Archives Blondeau).

Des barrages qui se joueront tout d’abord dans une première phase, appelée « poule de relégation », où seules les formations de la Nationale 1 (Limoges, Vichy, Lyon et Berck) s’affronteront pour les deux tickets d’accès à la phase finale des barrages mettant aux prises à deux formations de la Nationale 2. En poule de relégation, Limoges fait quasiment un sans faute… qui aurait pu être terni si Vérove sur un tir ave-maria, à neuf mètres n’avait pas rentré dans la toile d’araignée.

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classement poule relégation

À Compiègne, Limoges joue le dernier round des barrages. Avignon, Vichy et Reims sont les concurrents attitrés. Quatre place pour deux équipes. La presse régionale annonce sévèrement en préambule que les limougeauds joueront « en trois matches, après avoir gâché leurs munitions pendant cinq mois ». Une règle simple régit ce jeu digne de la roulette russe : Les deux premiers auront la rédemption tandis que les deux derniers iront végéter dans les profondeurs des abîmes. Deux victoires suffiront pour faire l’affaire. Alors Limoges, depuis 10 ans déjà, avait toujours répondu aux grands défis, vaincra coup sur coup, Reims puis Avignon.

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classement barrages

Limoges reste à flot, le navire n’a pas chaviré, il a tangué, le futur remerciera les artistes, car qu’on le veuille ou non, ces quelques heures passées lors de ces barrages valurent son pesant d’or.

Quelle Histoire Quelle Histoire ! [Patrick Montel – Limoges CSP 1993]

Chers lecteurs, après des longs mois d’absence, le Blog Mon Ballon Orange refait surface, tout en douceur. Je vous souhaite [en Mars eh oui !] une bonne année 2017 et pleins de nouvelles Histoires à suivre fidèlement sur Mon Ballon Orange.

Bientôt, dans les jours à venir, nous fêterons les 24 ans de la victoire du Limoges cSp en Coupe d’Europe des Clubs Champions. En 1993, Limoges montait sur la plus haute marche du basket européen, après des décennies de disette pour le basket-ball français. L’événement [la Finale] retransmit sur Antenne 2, devant des millions de téléspectateurs, a marqué, à jamais, la mémoire télévisuelle, à tel point que la voix du « sport » de la deuxième chaîne nationale, Patrick Montel, sera remixée, pour l’occasion, dans un disque « collector » [j’insiste sur le terme] intitulé « Quelle Histoire Quelle Histoire ! », le tout ambiancé par une musique à gogo et un beat techno à souhait, accompagnant à merveille les répliques cultes de Patrick Montel. Culte pour les fans, ce disque ne fit probablement pas un carton malgré le soutien inconditionnel de FR3 Limousin, Mondial Basket, L’Écho du Centre, Legrand, sans oublier, le Magazine Basket-Ball [celui de la Fédération Française de Basket-Ball]. Parmi les quatre titres proposés, on retrouve également un remix, en l’honneur de Frédéric Forte, auteur de l’interception décisive, délivrant le CSP de ses sarcasmes, « Fortissimo ».

à découvrir ci-dessous :

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La couverture du disque (Collection Blondeau).
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Et un bonus lecture (Collection Blondeau).

Limoges CSP (1978-1979) – Des prestidigitateurs en lévitation

Après quelques temps d’errance, dans mon nouveau domicile laborieux, à Ussel, je reviens à la charge durant ces vacances de Noël pour conclure les saisons du Limoges CSP entre 1970 et 1980. Dans cet avant dernier chapitre, nous abordons la première saison en Nationale 1 du Cercle Saint-Pierre. Le CSP ne le sait toujours pas, mais il accueille durant la saison 1978-1979, une icône du basket-ball français, Richard Dacoury.

Un espoir du basket-ball français à Limoges

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Richard Dacoury lors de son arrivée à Limoges, l’été 1978 (Source : Photo Le Populaire du Centre – Les Géants, Thierry Bretagne).

En 1978, Richard Dacoury a tout juste 19 ans, les observateurs avisés du basket-ball français sont unanimes, le « petit » comme on l’appelle à la Croix-Rousse inspire l’avenir du basket-ball français.

Né le 6 juillet 1959, à Abidjan, il s’initie sur le tard au basket-ball à Reims en 1972, au Reims BC. Auparavant, Richard suivait sa mère, attachée commerciale, aux grès des déménagements. Il connaîtra successivement Paris, Reims et la lointaine Guyane. Un long périple qui s’acheva pour un moment à Lyon à partir de 1973. Il prit alors une licence de basket-ball, non pas à l’ASVEL, mais à la CRO Lyon. Dacoury « avait signé une licence cadet, mais sa robustesse physique incita les dirigeants à lui faire obtenir un double surclassement et, en 75-76, le nom de Dacoury apparaissait pour la première fois sur les feuilles de matches du championnat de Nationale 1 » signale Pierre Jack dans son article dressant un portrait élogieux sur le néo-limougeaud, en octobre 1978.

De cette période, Dacoury reste modeste : « Bien entendu, je n’étais pas qu’un remplaçant et pas le premier, mais c’était pour moi un honneur. Je n’ai fait que de brèves apparitions qui m’ont cependant permis de voir ce qu’était l’élite. ». Cette saison-là, Richard Dacoury devint titulaire à part entière qui annonçait les meilleurs auspices. L’espoir s’arrêta brusquement sur une action infortune qui vit les doigts de Dacoury se prendre dans les filets du panier, entraînant sa chute et un bras cassé. Sans Dacoury, le CRO Lyon perdait sa place dans l’élite. Le « petit » allait patienté avant de se remettre au travail. Car le basket-ball lui est vital, « sans le basket, je ne me serais pas épanoui, je serais resté dans ma coquille. ».

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Un article « découverte » sur Richard Dacoury (Source : Populaire du Centre, octobre 1978 – archives Blondeau).

Cette saison doit consacrée Richard, sur un autre terrain, non pas celui du Handball, sport auquel il s’était destiné durant sa prime jeunesse mais plutôt vers un défit olympien, éminemment glorieux, le Baccalauréat de Philosophie. Consciencieux, il s’exprime à ce sujet, au jeune pigiste de l’Équipe, Jean-François Guérin, en déclarant solennellement, « Sport et études me prennent beaucoup de temps, ne me laissant que peu de temps pour les loisirs. Alors, si les stages se déroulent pendant les vacances… ».

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Dacoury dans le journal l’Équipe, une consécration (Source : L’Équipe, 1978 – archives Blondeau).

Une boutade ? Pas vraiment, boute-en-train pour sûr, il peut encore rêvé, à son jeune âge de bâtir « des châteaux en Espagne » au dessus des 3 m 05 autorisés.

La Nationale 1, 30% de chances d’y rester

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Juin 1978, auréolé d’une montée en Nationale 1, Bolotny s’essaye au dromadaire en Tunisie en compagnie de ses coéquipiers et supporteurs du Limoges CSP, invités par les dirigeants du Cercle (Source : Photo Le Populaire du Centre, 1978 – Les Géants, Thierry Bretagne).

En 1978, le Limoges CSP avait fait décollé le premier avion « charter » organisé par un club de la région à l’occasion de la rencontre Nice-Limoges, s’ensuit un voyage en juin sur les terres chaleureuses de la Tunisie pour récompenser la montée. « Quand un industriel passe du train à l’avion, c’est que ses affaires le poussent en avant » souligne Michel Ploy, journaliste du Populaire du Centre, à l’heure d’écrire le bilan de l’assemblée générale. En effet, Limoges n’a pas patienté longtemps et a dépassé ses objectifs dès la saison dernière. Monté en Nationale 1, un an trop tôt, le Limoges CSP pourrait ne pas suivre son ascension, sans un retour financier. Pour cela, le président Popelier se veut rassurant : « Nous nous sommes mis d’accord, avec le Crédit Agricole qui rayonne dans toute la France comme nous avons l’intention de le faire ». De quoi combler les 210 licenciés (contre 175 un an plus tôt) du Limoges CSP qui ont été convié à l’assemblée, salle Jean-Pierre Timbaud. Une pratique, néanmoins largement répandue… à titre de comparaison, le SCM Le Mans avait pour sponsor privé principal, le leader émergent des pâtes, Panzani qui donnait entre 150 000 et 200 000 francs, sans compter l’appui de la municipalité du Mans. Limoges n’était alors qu’à ses balbutiements financiers, en tout et pour tout, le CSP n’avait alors que 500 000 francs en banque pour la saison…

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Août 1978, à l’heure de la reprise, Dubreuil fait un breafing… « hard work » pour tout le monde avec le sourire bien sûr (Source : Photo Le Populaire du Centre, 1978 – Les Géants, Thierry Bretagne).
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Jean-François, alias Jeff Dubreuil (Source : Photo Le Populaire du Centre, juin 1978 – archives Blondeau).

Pour l’équipe 1 du Limoges CSP, les perspectives en Nationale 1, relève surtout d’une débauche digne des 11 travaux d’Hercules, pour se maintenir à ce niveau, à en croire son entraîneur Jeff Dubreuil : « Mon pronostic ? Eh bien il est simple : avec le recrutement que nous avons fait, si les joueurs veulent se battre, nous serons encore en Nationale 1 dans deux ans. Compte tenu du budget dont nous disposons, nous avons bâti la meilleure équipe possible et choisi la voie de la sagesse sans suivre ceux qui étaient partisan du recrutement d’une vedette. Il aurait fallu de toute façon obtenir l’accord du club quitté et c’était pratiquement impossible cette année. Parmi nos recrues, nous nous sommes battus pour avoir Dacoury (Croix-Rousse) parce que nous croyons à l’avenir de ce garçon de 18 ans et demi qui a du sang à revendre et qui voudra démontrer qu’il a sa place en Nationale 1. Notre seul départ, celui d’Efros, constituera notre souci la saison prochaine : nous aurons un certain manque de physique au rebond. Mais notre style devrait être celui d’une équipe dynamique qui devrait puncher. Il faudra absolument laisser deux clubs derrière nous et, au moins, jouer les barrages. Ce sera très cher. Je pense néanmoins qu’on peut y arriver […] On ne va pas jouer la carte de la facilité […] Je confirme mon opinion, nous n’avons que 30% de chances de maintien ».

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L’équipe du Limoges CSP (1978-1979), debout de gauche à droite : Dubreuil, Dacoury, Massaux, Moltimore, Faye, Livio, Maza, Bolotny ; accroupis de gauche à droite : Narbonne, Rose, Roses, Billet, Métadier, Biojout (Source : Photo Lacan – Limogescsp.com).

effectif-1978-1979Cet effectif vainqueur des matches d’ascension, au demeurant stable durant l’été, sera quelque peu remanié en réalité. Aux Moltimore, Maza, Métadier, Billet, Rose, Faye, Narbonne et Biojout, s’ajoutent les Léonel Livio, Richard Dacoury, Patrice Massaux et Thierry Roses. Seul départ conséquent à déplorer est celui de Jean-Yves Efros (nb : Bonnin a également cédé sa place pour rejoindre le LBC). Léonel Livio et Richard Dacoury sont assurément les deux recrues estivales, après 8 heures de route, les deux acolytes contemplent désormais Limoges du haut de leur nouvelle résidence, à la ZUP de l’Aurence, avec certainement l’intention de gravir une plus haute. Enfin, Patrice Massaux ex cadre de la JA Vichy, ancien de l’ASPTT Limoges et du LBC, de retour sur Limoges, apportera son expérience dans la peinture qui constituera sans aucun doute un renfort non négligeable pour le CSP qui possède déjà le meilleur pivot du Championnat, Apollo Faye, selon les propres dires de coach Dubreuil. À ces trois noms, on peut rajouter, celui de Jean-Louis Martinez qui secondera Jean-François Dubreuil et parallèlement sera en charge du Centre de Perfectionnement Sportif, une tâche à la portée de Martinez qui avait su hissé les performances du Limoges BC par le passé en un temps record.

Jouer avec le feu

L’entraîneur avait averti les siens, la saison 1978-1979 ne sera pas de tout repos pour le Limoges CSP. Le Cercle Saint-Pierre découvre et jongle avec le feu à chaque rencontres. Défaite inaugurale à Tours pour son baptême en Nationale 1, les cerclistes se rachèteront à la maison contre l’AS Monaco (104-99), emmené par un Richard Dacoury bondissant (22 points) porté par les louanges des 1800 spectateurs de la salle MU.

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Victoire prodigieuse et inespérée, pour le Limoges CSP, car s’en suit des défaites écrasantes face au cador du Caen BC et contre l’Élan Béarnais Orthez. Le cercle ne demande pas l’extrême onction en ce début de saison. Le CSP aura la fâcheuse habitude de brûler ses ailes comme contre l’équipe favorite du Championnat de France, le SMC Le Mans… inexpérience ou découverte pour les cerclistes, ceci n’est que les balbutiements d’une saison riche en rebondissement.

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Richard Dacoury lancé comme un cheval de course contre Monaco, avec 22 points au compteur (Source : Le Populaire du Centre, 1978 – archives Blondeau).

Léonel Livio s’attache la solide réputation de véritable « glue » en défense donnée par l’américain de Monaco, George Brosterhouse lequel avait lâché en anglais dans le texte « He stuck me like a glue ! ».

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Léonel Livio fait un appel de balle (Source : Photo Le Populaire du Centre, 1979 – Trans-Korac, Jean-Luc Thomas).

Son grand frère, Apollo Faye truste la première place des meilleurs marqueurs du Championnat avec une étourdissante moyenne de 31,5 points. Le président Popelier quant à lui, qui scrute le moindre résultat, réussira à se faire sortir par l’arbitre, en pleine rencontre passionnelle contre Antibes… suspendu, il s’insurge et lâche : « Si on ne veut pas de nous en Nationale 1, mieux vaut le dire tout de suite. ». Sur les nerfs, les hommes de Popelier attendrons le mois de janvier pour passer enfin le cap des 4 victoires.

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Entre temps, Fabienne Égale, speakerine vedette de TF1, devient la marraine du club, un sacré coup de projecteur pour ceux qui évoluaient il y a peine 5 ans, Excellence Régionale.

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Le CSP mérité une marraine nationale (Source : Le Populaire du Centre, octobre 1978 – archives Blondeau).

Et vient finalement, « l’incroyable » , dans la Salle MU, Limoges bat l’ASVEL d’Alain Gilles sur le plus petit écart (96-95). Une belle récompense pour son capitaine qui n’avait jamais gagné contre l’ASVEL et dit fièrement : « Aujourd’hui je peux raccrocher, j’ai enfin battu Villeurbanne, c’est simplement merveilleux » (nb : selon Claude Bolotny, il a joué à quatre reprises l’ASVEL).

Ce match est un déclic puisque par la suite Limoges va enchaîné 5 victoires sur les 7 matches restants. Lors de la dernière journée, Apollo Faye, à Berck, s’offrait un double régal, il évite à Limoges, les barrages et par la même occasion, celui dévore les poulets basquaises en un temps record, s’adjugeait un plus grand plat encore, grâce à deux lancers francs opportuns, en coiffant Garrett sur le fil pour la place de meilleur marqueur du Championnat : 754 points contre 752 pour l’américain.

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Limoges obtenait alors la 10 ème place, Nice et Challans devaient alors se battre lors des redoutés barrages.

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Il était impensable que Limoges perde ; il était impensable de voir le CSP aux barrages ; les « gars » ont montré la route, aux successeurs à leur tour de faire une brèche.

Article – La saga verte du C.S.P. (Claude Lacan, 1990)

Je vous propose dans ce nouvel article de lire un article, intitulé « La saga verte du C.S.P. » écrit par les soins du photographe limougeaud, Claude Lacan pour le journal haut-viennois, « Info Limoges », en 1990 (N°331). Lacan narre une « histoire » du Cercle et plus généralement celle du basket-ball limougeaud, à partir de ses souvenirs personnels et de ceux de Claude François, président du Club de la presse, commençant dans les années 1930.

« C’était l’autre matin au lycée Gay-Lussac. Nous attendions le début d’une table ronde consacrée aux métiers du journalisme. Le printemps entrait par les fenêtres ouvertes sur la « face cachée » de l’église Saint-Pierre. « C’est là que j’ai découvert le basket à Limoges », me confiait Claude Français, l’actif président du Club de la presse, en me montrant l’étroite petite cour coincée entre le vénérable édifice et les bâtiments – presque aussi vénérables – du lycée. « Notre prof de gym, M. Lalu, avait tracé des petits rectangles blancs en nous expliquant que dans ce jeu pratiqué en Amérique, tout l’art consistait à faire passer le ballon dans des sortes de filets, baptisés paniers ». C’est ainsi qu’a débuté notre initiation à cette discipline qui avait l’avantage de pouvoir se jouer sur un petit terrain et avec un nombre réduit de joueur. Pour ces raisons, le basket a tout de suite été adopté par les patronages. C’est ici qu’est né le cercle Saint-Pierre.

Pendant que Claude François me parlait, voilà des bouffées de souvenirs me venaient en mémoire. Je revoyais des terrains, certes, mais aussi des équipes qui représentaient le basket à Limoges dans les années qui suivirent la Libération…

D’abord il y avait les souvenirs scolaires, l’équipe pour le moins éphémère – elle dura à peine une saison – dans laquelle j’évoluais sous les couleurs de l’ENP et dont le terrain d’entraînement se situait square des Émailleurs. Et puis  voilà que surgissaient des images de mes premiers reportages sportifs : la grande majorité des rencontres se déroulait en plein air. Les terrains les plus actifs se situaient alors rue Ventenat, rue des Trois-Chatains, au Puy-las-Rodas. L’une des premières rencontres en salle à laquelle j’assistais avait lieu dans la chapelle du lycée Gay-Lussac.

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Extrait du journal « La Marseillaise du Centre » (Source : La Marseillaise du Centre, 27 septembre 1946 – BFM Limoges).

Vient l’époque glorieuse du CAPO. Le stade, situé rue Aristide-Briand, sur l’emplacement de l’actuel parco-trains, connut de grands moments. Le PUC y trébucha, sous la pluie, un dimanche après-midi. Pour rester dans les terrains, je songe à la première installation « moderne » : le terrain de l’ASPTT, Mas-Loubier, doté, à la grande fierté du président Aimé Tricard, de l’éclairage. L’équipe postière féminine allait y faire des merveilles. Déjà, à cette époque, La Martiale commençait à briller d’un vif éclat. Elle jouait salle Guynemer, au fond d’une impasse du quartier François-Perrin.

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Un match choc du Championnat de France à la grande époque du CAPO Limoges, contre les parisiens du Stade Français (Source : La Marseillaise du Centre, 3 décembre 1946 – BFM Limoges).
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Extrait du journal « La Marseille du Centre » (Source : La Marseillaise du Centre, 12 août 1946 – BFM Limoges).
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Extrait du journal « La Marseillaise du Centre » (Source : La Marseillaise du Centre – BFM Limoges).

Les rencontres majeures n’avaient plus lieu le dimanche après-midi, mais le samedi soir. Un noyau de fidèles supporters se constituait. Il était très familial. On venait voir jouer papa, maman, le fiston ou le grand frère. C’était un public averti, connaissant bien les règles. En fait, des amis heureux de se retrouver pour communier dans une même joie sportive. Tous ces anciens joueurs – ou joueuses – je les retrouve parfois au Palais des Sports. Il s’y sentent un perdus dans une autre atmosphère, car il faut bien le reconnaître, le « sport-spectacle » est totalement différent. Ne parlons pas des acteurs, « pros » dans tous les sens du terme, athlètes de haut niveau, hyper spécialisés.

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Jetons un œil sur le public. Certes, la grande majorité est constituée de supporters enthousiastes – c’est heureux – mais on trouve aussi ceux qui viennent pour être vus. Madame fait admirer son dernier vison et monsieur est heureux de faire remarquer ses Westons. J’avoue ne pas aimer les bataillons prêts à voler au secours des victoires et à se dissoudre dès la première défaite. N’allez pas croire pour autant que je boude le sport-spectacle. Il apporte au basket une nouvelle dimension follement attractive. L’un des grands mérites des dirigeants du CSP est d’avoir innové dans ce domaine. Il serait étonnant désormais d’imaginer une rencontre sans la présence de musique, de majorettes, en un mot d’attractions ponctuant les temps forts, galvanisant l’assistance. Un match est vécu comme une messe dans une église de Harlem, avec les gospel-songs où l’assistance, en battant des mains et en chantant, participe à la cérémonie. Ajoutons les grandes croisades vers les terres lointaines.

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Dans ce genre de migration, le train l’emporte largement sur l’avion. Certes il est moins rapide, mais tellement plus convivial, chaque voyageur se sent l’âme du pèlerin apportant la vérité «  dans les terres insoumises ». Au retour – si la victoire a souri – il partage la gloire des preux chevaliers. Il a conscience d’être lui aussi un artisan du triomphe et il ramène dans sa bonne ville les glorieux trophées…

Un ambassadeur

Ne souriez pas, car tout cela est bien sympathique. L’événement est une fête qu’il faut avoir vécue au moins une fois dans sa vie. Voilà qui nous conduit à noter l’extraordinaire contribution apportée par le CSP au rayonnement de la ville et de la région. Il y a fort à parier que si l’on interrogeait un petit Israélien, voire un Moscovite ou un Espagnol à propos de Limoges, il ferait en premier lieu référence à son équipe de basket, la porcelaine n’arrivant qu’en seconde position. Que voilà une bonne occasion de débarrasser le Limousin et sa capitale régionale des casseroles qu’il traîne depuis si longtemps : Limoges la ville rouge, la ville triste où l’on s’ennuie, l’archétype de la province endormie. Le CSP a suscité comme un sursaut d’orgueil. Le sportif limousin en voyage à l’étranger est fier à juste titre de déclarer : « J’arrive à Limoges, vous savez, l’équipe de basket, les verts du CSP… ».

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Reste encore à démontrer que le dynamisme de vitrine du club est conforme à ce que l’on trouve à l’intérieur du magasin – en l’occurrence Limoges et la région Limousin. Voilà une bonne occasion de rappeler aux « décideurs » – particulièrement parisiens – qu’il y a beaucoup de travail à faire, et qu’en-dessous de la Loire, cette tâche brune nommée Massif central, n’a pas l’intention de se transformer en réserve zoologique ou ethnologique…

Autre utilité du club : une formidable promotion du sport qui, paradoxalement, est parfois profitable à d’autres disciplines que le basket…

Un parcours sans faute

lacan-1Si l’on se penche sur le passé du club, son parcours est exemplaire. À la progression constante s’ajoute la continuité. Ce dernier point – sans doute le plus important – est à porter au crédit des gestionnaires qui ont su construire des structures solides et au fil des ans s’assurer les indispensables soutiens financiers. Chaque saisons constitue un nouveau défi qu’ils ont toujours su relever avec brio. Il est bien évident que désormais, le CSP est une véritable entreprise qui brasse des sommes considérables et dont la survie est liée à l’engagement de ce qu’il est convenu d’appeler les « sponsors ». Le danger aurait consisté à s’appuyer sur un seul mécène, avec le risque que ce dernier décide de réduire sa participation ou de placer ses billes sur un autre cheval. Avec réalisme et prudence, le CSP s’est engagé dans une nouvelle voie, placée sous le signe du partenariat. En fait, le club s’associe en prise directe avec la vie économique, accueillant au sein du LCSP entreprises un large éventail de sociétés grandes ou petites, de commerces.

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Dans le même souci d’assurer une saine gestion économique, le club prépare sans attendre une société d’économie mixte. Autre atout, une équipe dirigeante où les responsabilités sont partagées. Ceci pour dire que l’avenir est bien assuré quoi qu’aient pu en dire des « Lefuneste » prêts à célébrer avec des larmes de crocodile un enterrement de première classe. La force du CSP est d’avoir toujours œuvré avec des objectifs à relativement longue échéance… et les avoir atteints. Toute l’équipe est consciente de l’importance du club pour le rayonnement régional. Il symbolise la volonté d’ouverture et de dynamisme du Limousin dans toute l’Europe. Dans cet esprit, fière des acquis, le LCSP envisage l’avenir avec sérénité et confiance, chaque saison étant un nouveau challenge où il importe de se hisser vers les sommets : une démarche sportive ! »

Limoges CSP (1977-1978) – Opération « Lune »

Retour au charbon, avec aujourd’hui la suite logique de cette chronique, nous allons aborder la saison 1977-1978. Une saison particulière pour un Cercle Saint-Pierre qui n’attendait pas un tel dénouement.

Une fusée nommée « Apollo » en Limousin

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Apollo Faye, pivot du CSP de 1977 à 1985, une légende (Source : Photo plaquette Jubilé Apollo Faye, 6 juin 1990 – Archives Blondeau).

Le CSP s’était fixé deux saisons pour monter atteindre la « Lune », à partir de l’exercice 1976-1977. En circonstance, le fuselage de l’équipe limousine s’était renforcé à plusieurs maillons clés formant un dispositif général cohérent et calibré pour naviguer sereinement en Nationale 2. Raymond Bique, seul départ des verts, est revenu à ses premiers amours, en signant à l’ASPTT Limoges. En revanche, Limoges s’attire les services de deux joueurs supplémentaires, à commencer, par le jeune Christian Bonnin et surtout le prince des soirées normandes, Apollo Faye qui compte à coup sûr, offrir ses services autant qu’il le faudra pour animer les « discos-nights » de la cité endormie sur ses prospères années industrielles. Cette même réputation de fêtard et son indolence, selon le journaliste du Populaire du Centre, Jean-Luc Thomas, « découragèrent [quelque peu] les velléités de recrutement qui auraient pu effleurer les esprits caennais ou berckois », écrit-il dans l’ouvrage Trans-Korac, édité en 1982. À Limoges, on fit comme si de rien n’était… le bonhomme avait marqué les locaux, le 13 novembre 1976 à Limoges, en montrant avec Cabourg « au cours de la seule mi-temps qu’il avait joué, il avait marqué six paniers et il avait contré avec beaucoup d’efficacité Moltimore », avant de se faire sortir manu-militari par l’arbitre lyonnais Amalfitano, passablement « insulté » de la tête aux pieds par le géant sénégalais, selon les dires de Pierre Jack, journaliste au Populaire, fidèle du Cercle.

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Apollo Faye, tout à droite, debout, à l’époque de Cabourg. Il aura fallu convaincre Apollo pour rejoindre Limoges… Popelier se chargeant du déménagement tout rentra dans l’ordre (Source : Page facebook non officielle d’Apollo Faye).

Mais voilà, Serigne Cheikoun, de son vrai prénom après deux belles saisons en Normandie (1975-1976 : 19,7 points ; 1976-1977 : 19,8 points) a l’intention de passé un nouveau cap professionnel en signant en avril 1977 au Limoges CSP. Faye, dont on reprend plus souvent dans les colonnes, son surnom, « Apollo », donné par le Général Diallo lors de son service militaire au Sénégal, en référence à ses belles envolées spatiales, en orbite. Ce nouveau cap, le franco-sénégalais, l’assume pleinement. Il vient tout juste de se marier à une française, envisageant au passage, de continuer sa formation de « menuisier ». Avec Apollo, le saut lunaire n’est en rien une bricole, c’est une marque de fabrique mainte fois travaillée. La recrue estivale du Limoges CSP formera avec Moltimore, la plus belle paire du Championnat et les objectifs restent inchangés : popularité et une montée en Nationale 1.

Une formule inchangée : faire du Limoges CSP, une équipe de Nationale 1

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L’article compte-rendu de Pierre Jack, sur la rentrée du Limoges CSP (Source : Populaire du Centre, août 1977 – Archives Blondeau).

Sur le banc limougeaud, un nouvel entraîneur, Jean François Dubreuil, prodiguera ses bons conseils laissant au soixante-huitard, Claude Bolotny, un peu de répit sur la barricade. Ex-attaquant de la Chorale Mulsant de Roanne, Dubreuil, connu sous le pseudonyme de « Jef », est un entraîneur issu de la nouvelle « école » du basket-ball français. Accolyte de Pierre Dao, Jef Dubreuil entend montrer à Limoges, tout son savoir « et pour cela il emploiera comme nous l’avons indiqué des méthodes nouvelles mais non révolutionnaires » annonce Le Populaire du Centre. Il s’en explique longuement dans un entretien avec le quotidien régional. « J’ai quitté Roanne car il m’a semblé que je ne pouvais aller plus loin avec cette équipe que j’ai pris en mains voilà trois ans. On n’est jamais prophète en son pays et il était nécessaire que je m’expatrie. J’ai porté mon choix sur Limoges, tout d’abord parce que l’an passé j’avais apprécié cette équipe, j’ai vu sa structuration sur le plan dirigeant, j’avais analysé son potentiel joueurs et puis j’ai pensé que ce club pouvait avoir des prétentions fort légétimes. Le limoges CSP possède des éléments jeunes et ambitieux, capables de progresser, et avec des méthodes nouvelles et actualisées tant sur le plan de la technique que sur celui de la préparation physique, je pense pouvoir doter la cité de la porcelaine d’une équipe de basket qui saura se hisser parmi les meilleurs de la Nationale 2. ». Ambitieux, le terme ne semble pas exagérer pour parler du coach limougeaud et il avertit : « Mon objectif sera la montée, nous viserons une des deux premières places de cette poule « B » ; cette tâche sera difficile, mais pas insurmontable. De toute façon, si nous ne réussissons pas, je pense que nous terminerons dans les cinq premiers, je me donne au maximum deux pour faire du Limoges CSP une équipe de Nationale 1. ». Côté tactique, l’entraîneur « attaquant », a quelque peu surpris son monde en annonçant : « Avant tout je vais demander à mes gars de se montrer sérieux en défense. Pour moi, mon objectif prioritaire sera la défense. En France, on a perdu de vue cela et notre basket en souffre. Avec la venue des Américains, on a essayé de passer le cap des 100 points, tout a été consacré à l’attaque. Bien sûr on a attiré un grand nombre de spectateurs mais en défendant avec méthode on enlèvera absolument rien à la qualité du spectacle, bien au contraire, on construira et la venue de Faye doit nous permettre d’appliquer avec bonheur cette tactique. Faye avec ses 2m08 est un battant, mais il sera surtout complémentaire, et une équipe de basket est avant tout un « tout » et non un rassemblement d’individualités. La complémentarité est l’arme essentielle d’une équipe de basket, je pense que ce sera l’arme du Limoges CSP. Cette année, les garçons auront des tâches bien précises à assumer, je pense surtout à Moltimore et à Bolotny à qui on a beaucoup demandé par le passé. Ils seront des joueurs de l’équipe, mais n’assumeront pas les mêmes responsabilités, tout du moins en ce qui concerne les résultats. ». De quoi rassurer tous les amateurs de basket-ball de la région qui ne cessent de grossir à vu d’œil en parallèle avec les bénédicités du Cercle Saint-Pierre. Le budget du CSP Limoges s’élève alors à 500 000 francs ce qui en fait de lui, une écurie importante de l’antichambre de la Nationale 1 (nb : à titre de comparaison, en 1977, le budget minimal pour évoluer en première division est de l’ordre d’un million de francs).

Un CSP indomptable

effectif-1977-1978Les limougeauds seront-ils intraitables ? L’effectif du Limoges CSP est en tout cas « une assurance tout risque » pour la division. On retrouve à la mène Claude Bolotny, secondé par Didier Rose, l’ancien postier et Pascal Biojout, meneur de poche. Aux postes 2-3, Moltimore, Maza, et Métadier, dont on ne peut rien reprocher lors de la dernière saison, seront fidèles aux postes, avec deux jeunes loups, Narbonne et Billet. Au dessus, il n’y aura pas énormément de soucis à se faire, entre Faye, Efros, voir si besoin au cas échéant, Lionel Moltimore, sans oublier non plus, la dernière recrue, Christian Bonnin alias « Abraham » en provenance de Parthenay. L’équipe affinée est fin prête pour son baptême. Lors des matches de préparations, elle aura fait bonne figure, en battant à Poiré-sur-Vic, la formation de Challans par le score sans équivoque de 102 à 74.

En Championnat, Limoges endosse le rôle de leader de sa poule en enchaînant trois victoires de rangs avant de s’incliner lors de la quatrième journée contre Montbrison (84-80). Au bout de 10 journées, le CSP a obtenu 8 victoires, 1 nul et 1 défaite. Le bilan comptable aurait pu être catastrophique, aussi lors de la première journée sans Métadier et Bolotny absents contre une JSA Bordeaux surprenante. Lors de ce début de saison, Limoges a su s’appuyer fortement sur ses deux piliers, Apollo le showman boulimique (auteur d’un double-double mythique contre Grenoble, 40 points – 40 rebonds) et Moltimore, l’infatigable scoreur.

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M. Robert Gourbat, adjoint au Maire, remet la Coupe de la ville de Nice au capitaine du LCSP, Claude Bolotny (Source : Plaquette Limoges CSP 1978-1979 – Archives Blondeau).

À Nice, le Cercle Saint-Pierre, récent leader depuis la 7 ème journée, a réussi son « Opération Nice », en s’imposant contre le Nice UC (67-72) qui un jour avant la rencontre annonçait dans Nice-Matin vouloir « casser de la porcelaine »… il en faudra plus car Limoges joue en équipe et comme l’affirme le comité départemental : « Limoges joue avec huit joueurs et il n’y a jamais de trou dans cette équipe ; les remplaçants sont aussi bons sinon les meilleurs que les titulaires. ». À l’occasion de cette rencontre, le public de Limoges a montré sa fidélité à son club, en effectuant également le déplacement ! Ils étaient une centaine, c’était le signe avant coureur d’un destin aussi grand que celui de ses protégés, le début de « l’ère des supporteurs » du CSP. « La Chorale du Limoges CSP » était née.

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L’équipe 1977-1978 du Limoges CSP, debout de gauche à droite : Dubreuil, Maza , Faye, Efros, Bonnin ; accroupis de gauche à droite : Biojout, Rose, Bolotny, Billet (Source : Photo Lacan – Archive Gérard Maza).

Seule la Jeanne d’Arc opposait au CSP un peu de résistance dans la Poule B. Jusqu’à l’avant dernière journée, Vichy et le Limoges se regardaient en chien de faïence. Limoges concluait la saison régulière, à la première place avec 70 points, soit 5 points d’avance sur son concurrent de la JA Vichy (65 points).

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Lionel Moltimore cumulait alors en 25 journées 24,2 points de moyenne tandis que son alter-égo, Apollo Faye était le co-meilleur marqueur de l’équipe avec lui aussi 24,2 points de moyenne. Dans cette Poule B, c’est l’américain de Bourges, Battle qui décrochait la palme du meilleur marqueur avec une moyenne de… 40 points !

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Le miracle

Le point d’orgue de la saison 1977-1978 furent les matches d’ascensions. La règle est simple les deux premiers de chaque poules se retrouvent face à face. Les vainqueurs de ces demis-finales se verront attribuer un ticket aller-simple pour le paradis. Mulhouse premier de la poule A est opposer au second de la poule B, la JA Vichy, tandis que Limoges premier de la poule B est pour sa part confrontée au dauphin de Mulhouse, Asnières Sports. La poule A est considérée alors comme légèrement supérieure à sa cousine mais ce dont chacun sait, la vérité du terrain réside sur le terrain. En croché, pourrait-on dire, il s’agissait dès lors de la « deuxième saison » du Limoges CSP, celle qui se jouera sur un pile ou face.

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Les Maisons Copreco et le Limoges CSP vous offre le voyage pour un tarif imbattable (Source : Tract avril 1978 – Archives Blondeau).

L’affiche est alléchante. Asnières développe un jeu « tout pour l’attaque » et Limoges est également réputée pour son jeu offensif foudroyant. Les défenses sont averties les courants d’air se manifesteront forcément dans une rencontre qui semble des plus ouvertes pour les attaques belligérantes. C’est au meilleur des deux matches que l’heureux élu sera acclamer.

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La Chorale du CSP Limoges est venu en nombre à Nanterre (Source : Plaquette du Limoges CSP 1978-1979 – Encyclocsp.fr).

Avant le match aller, « tous les cœurs limougeauds étaient gonflés d’espoir, mais on savait aussi que la tâche serait rude et on redoutait en secret de passer tout près d’un rêve qui ne demandait pourtant qu’à devenir réalité » rappelle Le Populaire du Centre du 1er mai 1978. Le Samedi 29 avril, à Nanterre, Salle Maurice Thorez, dans le fief asnièrois, Limoges s’avance à grands pas vers l’inconnu. Pour l’effet, le club a mobilisé ses troupes en remplissant plusieurs cars à destination de la banlieue parisienne, pour la modique somme de 70 francs, entrée comprise. Ils sont environ 200 à faire route, pour écrire, ensemble, la plus belle page de l’histoire récente du Limoges CSP. Limoges pourra compter sur Lionel Moltimore remis, il y a peu, de sa blessure toutefois il sera surveiller par l’américain d’Asnières, John Ribock, redoutable artilleur de la Nationale II. Apollo, également, sera surveillé de très près… il faut dire que la formation de Francis Flamme, affiche de beaux gaillards comme les Darciaux, Pigache ou encore Gorczewski. Pour cette manche, le CSP s’appuiera sur des hommes de l’ombre que sont Métadier, Maza, Efros et Bolotny, pour essayer de tenir en échec les ambitieux banlieusards. Le décor est planter, place au match.

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Apollo face à Ribock, duel de géant en Nationale II (Source : Plaquette Limoges CSP 1978-1979 – Archives Blondeau).
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Le « Héros » du soir, Claude Bolotny (Source : Populaire du Centre 1er mai 1978 – Encyclocsp.fr).

Sanctionné au début de la rencontre, le Cercle Saint-Pierre, débutait mal, très mal sa rencontre. Asnières dans un moment d’euphorie, intronisé par Pigache et John Ribock, inarrêtables, menait au bout de la 8 ème minute, 24 à 13. Mais Limoges ne s’avouait pas vaincue pour autant et revenait aux basques des parisiens à la 11′, par l’intermédiaire de la garde, Faye-Maza-Bolotny-Moltimore, réduisant l’écart de trois points (26-23). Malgré les insistantes contre-attaques d’Asnières, Limoges redressait la barre. À la pause, tout est encore possible, Asnières gardait un matelas de seulement 5 points. Au retour des vestiaires, sous les pluies des cornes de brume, Asnières et Limoges abattaient leurs cartes sans se départager. À la 33 ème minute, Faye et Billet, sortaient tous les deux avec 5 fautes toutefois Limoges tenait sa victoire dans le money-time avec un score en sa faveur de 75-79. Néanmoins, Asnières ne voulait pas céder de la sorte, en espérant conserver leur invincibilité à domicile. Ainsi, Cardin et Darciaux recollaient et passaient même devant Limoges, grâce à deux lancers-francs millimétrés à 28 secondes de la fin (87-86). Le temps s’écoulait rapidement, il ne restait plus que 4 secondes pour le Cercle Saint-Pierre… 4 secondes miraculeuses, c’est à ce moment précis, où le miracle encensa le génie de Claude Bolotny qui « réussissait à s’infiltrer avec sa hargne coutumière dans la raquette parisienne et à marquer d’une manière acrobatique deux points qui resteront sans doute gravés longtemps dans sa mémoire ». Dans les tribunes, c’est la folie. L’allégresse des supporteurs limougeauds les amena à envahir aussitôt le terrain, pour fêter comme il se doit le héros du soir.

Un petit pas pour Limoges, un grand pas pour le Cercle Saint-Pierre

1-0 pour Limoges. Le 4 mai, Limoges devait assurée son match retour… d’un point si il le fallait, tant pis pour les cardiaques. Déjà 1 heure avant la rencontre la Salle des Sœurs Rivière affichait complet… dehors des centaines de personnes attendaient impatiemment le verdict du match. Ils étaient 1700 à s’entasser dans l’arène du soir. Le match restait indécis… après tout, les asnièrois n’avaient concédés qu’une courte défaite.

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Lionel Moltimore a été impérial lors du match retour (Source : Populaire du Centre, 5 mai 1978 – Archives Blondeau).

Bolotny, nerveux ne brilla pas, son compagnon de route, Apollo Faye, tout aussi contracté n’apporta pas grand chose lors de ce match retour… le salut venu de Moltimore, décontracté, qui maintenait le CSP dans une bonne posture en distribuant des caviars et des paniers décisifs d’un Cercle quelque peu égaré, puisque jusque dans les derniers moments, Asnières pouvait provoquée un retentissant exploit (nb : ils avaient comptés 10 points d’avance au bout de neuf minutes de jeu, 23-13). Comme à l’Aller, un homme providentiel se manifesta, en la personne de Gérard Métadier. « Sans jamais se départir, d’un calme olympien, Métadier par ses tirs à mi-distance (un seul manqué sur huit tentatives), et surtout par sa défense sur Ribock, a pris une part prépondérante dans la victoire. C’est lui qui arracha l’égalisation (53-53), à la 27 minute, c’est lui qui permit au « Cercle » de prendre le large 66-61 à la 30e minute c’est lui enfin qui, à quelques secondes de la fin, arracha la victoire en réussissant un lancer-franc [89-88]. Quelle maîtrise lorsqu’on sait combien ce point était important. Limoges a gagné tout est bien qui finit bien, mais espérons que l’an prochain, le Limoges CSP épargnera le cœur de ses dirigeants et de ses supporters en évitant de jouer avec le feu comme il le fit mercredi soir. ». Limoges est en Nationale 1 !

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Popelier et les limougeauds, libérés, laissent éclatés leur joie commune, Limoges monte en Nationale 1 (Source : Plaquette Limoges CSP 1978-1979 – Encyclocsp.fr).
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L’action illicite de Moore, s’accrochant au filet pour empêcher le tir de rentrer dans le panier, un scandale (Source : Populaire du Centre, 14 mai 1978 – Archives Blondeau).

En finale, Limoges affrontait Mulhouse, à Bourges. Le 13 mai 1978, les cerclistes s’arrêtaient net… Mulhouse prenait l’avantage (90-92) dans une rencontre contestée par les limougeauds suite à un arbitrage « maison » en faveur des alsaciens. « Ils l’ont volée, ils l’ont volée ! » s’exclamèrent les nombreux supporteurs du CSP… mécontent un limougeaud jeta en dépit, un paquet de bière sur le parquet ! Tout ça à cause d’une (ou plusieurs) impasse(s) des arbitres. Xavier Popelier furibard, tonne : « Mais enfin toute la salle a vu quand les mulhousiens ont fait bouger le panier. Toute la salle sauf les arbitres. ». Plus tard, Apollo qui estimait juste après la finale qu’ « on avait qu’à se baisser. Il était là, à notre portée. », s’écria « Eh ! Les gars ! Nous sommes tout de même vice-champions de France ! C’est beau non ? Allez les vice-champions ! ». Rire, parmi les troupes, l’essentiel n’était pas de consacrer son entrée dans « la Lune » mais d’y rester pour y fleurir de nouveaux exploits, et des titres évidemment.

Limoges CSP (1976-1977) – Une saison tremplin

Après quelques semaines d’absence, me revoilà pour vous racontez la suite des saisons du Limoges CSP durant les années 1970 appelées les années « montées ». La dernière fois, nous avions vu l’éclosion du nouvel américain du CSP, Lionel Moltimore à la maestria incontournable et du maintien de son équipe au sein de l’antichambre de l’élite, à l’occasion de la saison 1975-1976. Exit, Souleymane Fall, Éric Lhermet, place à Bolotny et à Jean-Yves Efros Limoges devient un candidat sérieux de la Nationale 2… c’était alors la saison 1976-1977. Aujourd’hui, je vous propose logiquement un « flash-back » sur la deuxième saison de Nationale 2 du Limoges CSP dans ce nouvel article.

L’intersaison : une synergie à reconstruire

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Claude Bolotny, l’indien du CSP (Source : Le Populaire du Centre, 1977 – Archives Blondeau).

Malmené à la mène lors de l’exercice précédent, les dirigeants du CSP Limoges se mettent à la recherche d’un meneur de jeu d’expérience. Leur dévolu se jette sur le joueur de Charenton, Claude Bolotny qui opérait depuis quelques temps dans la banlieue parisienne. Ainsi, en bon contact avec la capitale limousine, Claude signe à Limoges et d’ores et déjà, le quotidien régional, le Populaire du Centre parle d’un « joueur de champ, très adroit à mi-distance, Bolotny, (1,94 m) constituera un renfort précieux pour le Cercle Saint-Pierre ». Le vieux guerrier moustachu, avait déjà tapé dans les yeux des recruteurs limougeauds contre Limoges lors du premier match de la saison 1975-1976, en inscrivant élégamment la bagatelle de 22 points. Il sera charger de créer une nouvelle synergie dans une équipe limougeaude entourée de profils polyvalents comme Gérard Maza, Lionel Moltimore ou bien le local, Gérard Métadier. Meneur d’homme, c’est à lui que reviendra la charge d’entraîneur et capitaine d’équipe tandis que pour la préparation physique, le professeur de l’EP, M. Morin entretiendra les muscles rompus à l’exercice des athlètes cerclistes, le tout encadré savamment par Pierre Biojout, manager du CSP 1. De surcroît, le LCSP selon Le Populaire du Centre « aura cette année un visage bien différent de celui qu’on a connu. Avec l’arrivée, comme capitaine-entraîneur, de Claude Bolotny, c’est une ère nouvelle qui commence, le temps des ambitions est venu. […] Son arrivée à Limoges va changer du tout au tout le jeu de ses équipiers, basé jusqu’alors presque uniquement sur l’esprit de corps, les sursauts salvateurs et les exploits individuels. L’enthousiasme des verts (une couleur bénéfique au sport français) devrait demeurer, mais il devrait être accompagné de l’esprit de méthode. ».

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Jean-Yves Efros signe au CSP sous le regard des dirigeants et de son coéquipier, Gérard Maza (Source : Le Populaire du Centre, 1976 – Archives Blondeau).

effectif-1976-1977Assurément le CSP s’est offert les services d’un joueur confirmé et ne manquera pas de viser, en un temps record, la montée chez les très grands de la Nationale 1. En back-up, c’est au tour de Didier Rose de signer, à 22 ans, au Cercle Saint-Pierre, qui tentera de donner à l’équipe, sa grinta qu’il l’avait vu récompenser au niveau national quelques années auparavant avec les cadets de l’ASPTT Limoges. Enfin, la dernière signature de l’intersaison du LCSP est celle de Jean-Yves Efros, pivot, assurance tout risque de la Nationale 2, en provenance de l’ABC Nantes, pouvant dépanner, notre star américaine, si besoin est.

Objectifs et perspectives

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L’article du Populaire du Centre sur la réunion du Limoges CSP (Source : Le Populaire du Centre, 1976 – Archives Blondeau).

À la réunion-bilan durant le mois de juin 1976, dans la salle de la Maison des Sports, le président Popelier et ses compagnons devant une centaine de partenaires et de licenciés, brossa un large tour d’horizon de l’évolution des différentes structures du L.C.S.P, en laissant le soin aux différents responsables de section de faire le point. Jean Biojout, secrétaire général du Comité de gestion devait par la suite lever le voile sur les intentions de l’équipe première du Limoges CSP pour la saison 1976-1977 : « Si je suivais certains dirigeants on jouerait la montée en Nationale 1 dès cette saison. Je pense que la sagesse veut que nous attendions un peu. Il fallait structurer le club tant au point de vue de sa gestion que de son potentiel joueurs, une saison est encore nécessaire. Mais aujourd’hui je prends un pari ; dans deux ans le Limoges CSP jouera la montée en division supérieure. ». Toutefois, il restait du travail sur la planche avant d’atteindre les sommités. Source de préoccupation des dirigeants à ce moment précis, le problème « Fall » n’était toujours pas résolu en ce mois de juin… faute de passeport français, l’étudiant sénégalais ne sera pas retenu par le Cercle Saint-Pierre, privilégiant son atout étranger, Lionel Moltimore.

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Moltimore, un élément clé du dispositif des verts (Source : Le Populaire du Centre, 21 février 1977 – Archives Blondeau).

La conférence pointera un autre sujet d’importance, celui de la salle. En 1972, le délicat casse-tête de la salle s’était posée aux dirigeants lorsque la salle MU était indisponible à cause des travaux menées par la ville et avaient choisi finalement d’opter pour le gymnase du collège Maupassant !Cette fois-ci, ce n’est pas tant une question de calendrier municipale mais plutôt la taille de la salle qui pose question. Le regard de Jean Biojout est direct : « En effet, la salle actuelle est trop exiguë, pour bien faire un club doit pouvoir vivre de ses recettes de matches, ce n’est pas possible avec l’actuelle salle municipale. ».

Du côté de la Mairie, par l’entremise de M. Lecomte-Chaulet, l’adjoint aux sports de la ville , on assure que la situation est étudiée et amène à annoncer les perspectives futures du sport en salle à Limoges : « La création d’un Palais municipal des sports. […] Cette création va être coûteuse, mais elle se fera, bien entendu ce n’est pas pour cette année, donc il va falloir parer au plus pressé et la municipalité en est consciente. ». Pour ce faire, deux options ont été évoquées. Une première option consistait à reprendre un hangar de l’Aéro-Club de la Plaine des Jeux de Feytiat… malheureusement, l’étude commandée par la Mairie, obligeait la commune à débourser une enveloppe financière trop importante. La deuxième option retenue par l’équipe municipale jusqu’à présent est d’utiliser une partie du Palais des Expositions. Si tout reste à faire, le CSP ne serait pas contre un aménagement spécifique du Palais des Expositions mais les politiques répondront-ils aux attentes au moment tournant décisif ? En attendant rien n’est fait, tant que le Limoges Cercle Saint-Pierre n’aura pas passer la vitesse supérieure.

Une saison pilote

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L’équipe de 1976-1977, debout de gauche à droite : Moltimore, Puyhardy, Maza, Bique, Efros ; accroupis de gauche à droite : Rose, Narbonne, Métadier, Bolotny, Billet (Source : Programme Limoges CSP saison 1976-1977, photo Claude Lacan – Archives Blondeau)

Le club a pris des paris en 1976. Première « Révolution », le club a choisi comme entraîneur, le vieil apache, Claude Bolotny, capitaine et meneur de jeu des verts. La pratique de l’entraineur-joueur est commune même si dans l’optique des dirigeants il s’agit visiblement d’un test. Deuxième « Révolution », les jeunes du CSP Limoges comme Richard Billet ou Didier Rose sont appelés à un véritable rôle dans cet effectif. Troisième et dernière « Révolution », le CSP Limoges s’acquiert les services de joueurs référencés « Nationale 2 » avec la venue de Jean-Yves Efros. La preuve par trois que Limoges possède une bonne réputation et entretient d’excellente relation avec l’entraîneur national qui ne serait pas étranger à la réussite du club lémovice. Que peuvent-ils espérer ? Une place parmi le premier tiers du Championnat.

Lors des matches amicaux, Limoges a quelque peu souffert. Contre les équipes de son niveau, Bourges (victoire 90-85) et Orléans (défaite 84-83), le CSP a fait jeu égale. Par contre Clermont ou encore le Macy’s Dakota, le CSP Limoges a souffert. Certes pour Bolotny, « on ne forme pas une équipe en quinze jours. En basket, l’improvisation est difficile. Surtout ne nous condamnez as sur le vu des premières rencontres amicales, on doit pouvoir faire aussi bien sinon mieux que l’an passé » répond-il aux détracteurs à l’issue de la rencontre de « gala » contre la sélection de Jim McGregor.

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Le départ du CSP Limoges dans cette nouvelle campagne est encore ratée. Le match d’ouverture à Paris contre le Racing se solde sur une défaite malgré les agissements de son virtuose, Lionel Moltimore, qui toutefois, sèche aux lancers-francs ratés. La relance s’opère dès la deuxième journée, Limoges s’assurant au premier acte, les points d’avance grâce aux trois contres-attaques de Pierredon bien terminées par un Moltimore étincelant (45 points).

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Lionel Moltimore contre l’AS Denain, leader de la Poule A (Source : Archive de Lionel Moltimore – Archives Encyclocsp)
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Contre le GSM Roanne, le Limoges CSP s’est surpassé et a atteint les 100 points ! (Source : Le Populaire du Centre, 1er novembre 1976 – Archives Blondeau).
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Ici Efros au tir contre la JAV de Vichy emmenée par Howard et un néo-cercliste, Patrice Massaux, passé par l’ASPTT Limoges (Source : Le Populaire du Centre, 28 mars 1977 – Archives Blondeau).

Bientôt à mi-saison le CSP s’installe à la confortable 5 ème place, après avoir réalisé quelques cartons (nb : surtout à cause d’un public criant à chaque fois « les 100 points ! »), sans pour autant bousculer le leader de la Poule A, l’AS Denain et ses stars « Galle, Bustion et Staelens » ou encore le dauphin des nordistes, la JA Vichy « d’Howard » et consorts. Au final c’est une 6 ème place pour le Limoges CSP, au bout de la 26 journée de la Nationale II.

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Lionel Moltimore continue à être le flingueur du CSP avec 33 points de moyenne lors de cette saison 1976-1977 ! Derrière, on retrouve les Bolotny, Maza et Métadier en bonne place. La vieille garde, Bique, Puyhardy s’est cantonnée quant à elle, à un rôle défensif au regard des statistiques. Dans les dernières journées, le jeune Narbonne a inscris ses premiers points. Enfin pour Richard Billet, nous savons pas si derrière les Bolotny, Maza, Métadier… si il a obtenu du temps de jeu (était-il lui aussi cantonner à un rôle de « défenseur fou » ?!).

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*Malheureusement les statistiques de la 11 ème journée ne furent jamais publiées à cause d’une grève de la presse, nous nous tenons aux 25 matches comptabilisées statistiquement.

Pour récompenser les efforts des cerclistes, le club organisa une rencontre de haut-niveau, avec l’invitation du Red Star de Belgrade emmené par ses internationaux yougoslaves Kapicic et Vacinic. Une partie remportée par les yougoslaves (96-116) qui « pratiquent un basket de contact, plutôt rude, mais efficace » et à l’adresse exemplaire.

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Quelques années plus tard, le CSP jouera ces équipes venues des Balkans en Coupe d’Europe (Source : Le Populaire du Centre, 28 avril 1977 – Archives Blondeau).