Limoges CSP (1976-1977) – Une saison tremplin

Après quelques semaines d’absence, me revoilà pour vous racontez la suite des saisons du Limoges CSP durant les années 1970 appelées les années « montées ». La dernière fois, nous avions vu l’éclosion du nouvel américain du CSP, Lionel Moltimore à la maestria incontournable et du maintien de son équipe au sein de l’antichambre de l’élite, à l’occasion de la saison 1975-1976. Exit, Souleymane Fall, Éric Lhermet, place à Bolotny et à Jean-Yves Efros Limoges devient un candidat sérieux de la Nationale 2… c’était alors la saison 1976-1977. Aujourd’hui, je vous propose logiquement un « flash-back » sur la deuxième saison de Nationale 2 du Limoges CSP dans ce nouvel article.

L’intersaison : une synergie à reconstruire

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Claude Bolotny, l’indien du CSP (Source : Le Populaire du Centre, 1977 – Archives Blondeau).

Malmené à la mène lors de l’exercice précédent, les dirigeants du CSP Limoges se mettent à la recherche d’un meneur de jeu d’expérience. Leur dévolu se jette sur le joueur de Charenton, Claude Bolotny qui opérait depuis quelques temps dans la banlieue parisienne. Ainsi, en bon contact avec la capitale limousine, Claude signe à Limoges et d’ores et déjà, le quotidien régional, le Populaire du Centre parle d’un « joueur de champ, très adroit à mi-distance, Bolotny, (1,94 m) constituera un renfort précieux pour le Cercle Saint-Pierre ». Le vieux guerrier moustachu, avait déjà tapé dans les yeux des recruteurs limougeauds contre Limoges lors du premier match de la saison 1975-1976, en inscrivant élégamment la bagatelle de 22 points. Il sera charger de créer une nouvelle synergie dans une équipe limougeaude entourée de profils polyvalents comme Gérard Maza, Lionel Moltimore ou bien le local, Gérard Métadier. Meneur d’homme, c’est à lui que reviendra la charge d’entraîneur et capitaine d’équipe tandis que pour la préparation physique, le professeur de l’EP, M. Morin entretiendra les muscles rompus à l’exercice des athlètes cerclistes, le tout encadré savamment par Pierre Biojout, manager du CSP 1. De surcroît, le LCSP selon Le Populaire du Centre « aura cette année un visage bien différent de celui qu’on a connu. Avec l’arrivée, comme capitaine-entraîneur, de Claude Bolotny, c’est une ère nouvelle qui commence, le temps des ambitions est venu. […] Son arrivée à Limoges va changer du tout au tout le jeu de ses équipiers, basé jusqu’alors presque uniquement sur l’esprit de corps, les sursauts salvateurs et les exploits individuels. L’enthousiasme des verts (une couleur bénéfique au sport français) devrait demeurer, mais il devrait être accompagné de l’esprit de méthode. ».

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Jean-Yves Efros signe au CSP sous le regard des dirigeants et de son coéquipier, Gérard Maza (Source : Le Populaire du Centre, 1976 – Archives Blondeau).

effectif-1976-1977Assurément le CSP s’est offert les services d’un joueur confirmé et ne manquera pas de viser, en un temps record, la montée chez les très grands de la Nationale 1. En back-up, c’est au tour de Didier Rose de signer, à 22 ans, au Cercle Saint-Pierre, qui tentera de donner à l’équipe, sa grinta qu’il l’avait vu récompenser au niveau national quelques années auparavant avec les cadets de l’ASPTT Limoges. Enfin, la dernière signature de l’intersaison du LCSP est celle de Jean-Yves Efros, pivot, assurance tout risque de la Nationale 2, en provenance de l’ABC Nantes, pouvant dépanner, notre star américaine, si besoin est.

Objectifs et perspectives

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L’article du Populaire du Centre sur la réunion du Limoges CSP (Source : Le Populaire du Centre, 1976 – Archives Blondeau).

À la réunion-bilan durant le mois de juin 1976, dans la salle de la Maison des Sports, le président Popelier et ses compagnons devant une centaine de partenaires et de licenciés, brossa un large tour d’horizon de l’évolution des différentes structures du L.C.S.P, en laissant le soin aux différents responsables de section de faire le point. Jean Biojout, secrétaire général du Comité de gestion devait par la suite lever le voile sur les intentions de l’équipe première du Limoges CSP pour la saison 1976-1977 : « Si je suivais certains dirigeants on jouerait la montée en Nationale 1 dès cette saison. Je pense que la sagesse veut que nous attendions un peu. Il fallait structurer le club tant au point de vue de sa gestion que de son potentiel joueurs, une saison est encore nécessaire. Mais aujourd’hui je prends un pari ; dans deux ans le Limoges CSP jouera la montée en division supérieure. ». Toutefois, il restait du travail sur la planche avant d’atteindre les sommités. Source de préoccupation des dirigeants à ce moment précis, le problème « Fall » n’était toujours pas résolu en ce mois de juin… faute de passeport français, l’étudiant sénégalais ne sera pas retenu par le Cercle Saint-Pierre, privilégiant son atout étranger, Lionel Moltimore.

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Moltimore, un élément clé du dispositif des verts (Source : Le Populaire du Centre, 21 février 1977 – Archives Blondeau).

La conférence pointera un autre sujet d’importance, celui de la salle. En 1972, le délicat casse-tête de la salle s’était posée aux dirigeants lorsque la salle MU était indisponible à cause des travaux menées par la ville et avaient choisi finalement d’opter pour le gymnase du collège Maupassant !Cette fois-ci, ce n’est pas tant une question de calendrier municipale mais plutôt la taille de la salle qui pose question. Le regard de Jean Biojout est direct : « En effet, la salle actuelle est trop exiguë, pour bien faire un club doit pouvoir vivre de ses recettes de matches, ce n’est pas possible avec l’actuelle salle municipale. ».

Du côté de la Mairie, par l’entremise de M. Lecomte-Chaulet, l’adjoint aux sports de la ville , on assure que la situation est étudiée et amène à annoncer les perspectives futures du sport en salle à Limoges : « La création d’un Palais municipal des sports. […] Cette création va être coûteuse, mais elle se fera, bien entendu ce n’est pas pour cette année, donc il va falloir parer au plus pressé et la municipalité en est consciente. ». Pour ce faire, deux options ont été évoquées. Une première option consistait à reprendre un hangar de l’Aéro-Club de la Plaine des Jeux de Feytiat… malheureusement, l’étude commandée par la Mairie, obligeait la commune à débourser une enveloppe financière trop importante. La deuxième option retenue par l’équipe municipale jusqu’à présent est d’utiliser une partie du Palais des Expositions. Si tout reste à faire, le CSP ne serait pas contre un aménagement spécifique du Palais des Expositions mais les politiques répondront-ils aux attentes au moment tournant décisif ? En attendant rien n’est fait, tant que le Limoges Cercle Saint-Pierre n’aura pas passer la vitesse supérieure.

Une saison pilote

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L’équipe de 1976-1977, debout de gauche à droite : Moltimore, Puyhardy, Maza, Bique, Efros ; accroupis de gauche à droite : Rose, Narbonne, Métadier, Bolotny, Billet (Source : Programme Limoges CSP saison 1976-1977, photo Claude Lacan – Archives Blondeau)

Le club a pris des paris en 1976. Première « Révolution », le club a choisi comme entraîneur, le vieil apache, Claude Bolotny, capitaine et meneur de jeu des verts. La pratique de l’entraineur-joueur est commune même si dans l’optique des dirigeants il s’agit visiblement d’un test. Deuxième « Révolution », les jeunes du CSP Limoges comme Richard Billet ou Didier Rose sont appelés à un véritable rôle dans cet effectif. Troisième et dernière « Révolution », le CSP Limoges s’acquiert les services de joueurs référencés « Nationale 2 » avec la venue de Jean-Yves Efros. La preuve par trois que Limoges possède une bonne réputation et entretient d’excellente relation avec l’entraîneur national qui ne serait pas étranger à la réussite du club lémovice. Que peuvent-ils espérer ? Une place parmi le premier tiers du Championnat.

Lors des matches amicaux, Limoges a quelque peu souffert. Contre les équipes de son niveau, Bourges (victoire 90-85) et Orléans (défaite 84-83), le CSP a fait jeu égale. Par contre Clermont ou encore le Macy’s Dakota, le CSP Limoges a souffert. Certes pour Bolotny, « on ne forme pas une équipe en quinze jours. En basket, l’improvisation est difficile. Surtout ne nous condamnez as sur le vu des premières rencontres amicales, on doit pouvoir faire aussi bien sinon mieux que l’an passé » répond-il aux détracteurs à l’issue de la rencontre de « gala » contre la sélection de Jim McGregor.

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Le départ du CSP Limoges dans cette nouvelle campagne est encore ratée. Le match d’ouverture à Paris contre le Racing se solde sur une défaite malgré les agissements de son virtuose, Lionel Moltimore, qui toutefois, sèche aux lancers-francs ratés. La relance s’opère dès la deuxième journée, Limoges s’assurant au premier acte, les points d’avance grâce aux trois contres-attaques de Pierredon bien terminées par un Moltimore étincelant (45 points).

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Lionel Moltimore contre l’AS Denain, leader de la Poule A (Source : Archive de Lionel Moltimore – Archives Encyclocsp)
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Contre le GSM Roanne, le Limoges CSP s’est surpassé et a atteint les 100 points ! (Source : Le Populaire du Centre, 1er novembre 1976 – Archives Blondeau).
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Ici Efros au tir contre la JAV de Vichy emmenée par Howard et un néo-cercliste, Patrice Massaux, passé par l’ASPTT Limoges (Source : Le Populaire du Centre, 28 mars 1977 – Archives Blondeau).

Bientôt à mi-saison le CSP s’installe à la confortable 5 ème place, après avoir réalisé quelques cartons (nb : surtout à cause d’un public criant à chaque fois « les 100 points ! »), sans pour autant bousculer le leader de la Poule A, l’AS Denain et ses stars « Galle, Bustion et Staelens » ou encore le dauphin des nordistes, la JA Vichy « d’Howard » et consorts. Au final c’est une 6 ème place pour le Limoges CSP, au bout de la 26 journée de la Nationale II.

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Lionel Moltimore continue à être le flingueur du CSP avec 33 points de moyenne lors de cette saison 1976-1977 ! Derrière, on retrouve les Bolotny, Maza et Métadier en bonne place. La vieille garde, Bique, Puyhardy s’est cantonnée quant à elle, à un rôle défensif au regard des statistiques. Dans les dernières journées, le jeune Narbonne a inscris ses premiers points. Enfin pour Richard Billet, nous savons pas si derrière les Bolotny, Maza, Métadier… si il a obtenu du temps de jeu (était-il lui aussi cantonner à un rôle de « défenseur fou » ?!).

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*Malheureusement les statistiques de la 11 ème journée ne furent jamais publiées à cause d’une grève de la presse, nous nous tenons aux 25 matches comptabilisées statistiquement.

Pour récompenser les efforts des cerclistes, le club organisa une rencontre de haut-niveau, avec l’invitation du Red Star de Belgrade emmené par ses internationaux yougoslaves Kapicic et Vacinic. Une partie remportée par les yougoslaves (96-116) qui « pratiquent un basket de contact, plutôt rude, mais efficace » et à l’adresse exemplaire.

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Quelques années plus tard, le CSP jouera ces équipes venues des Balkans en Coupe d’Europe (Source : Le Populaire du Centre, 28 avril 1977 – Archives Blondeau).
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