Limoges CSP (1970-1971) – L’exaltation de la formation

En octobre 1970 débutait le Championnat Fédéral, le CSP Limoges s’était déjà distingué dans la division lors de la saison précédente. En 1969-1970, l’équipe première du Cercle avait terminé à la 6 ème place de sa poule de Championnat de France Fédéral (troisième niveau national). Engagés en Coupe du Limousin, les hommes de Meymerie font également forte impression en éliminant en quart de finale la formation de l’ASPTT Limoges. Au niveau inférieur et dans les catégories jeunes, le CSP enlève de nombreux titres locaux. Débuts annonciateurs d’une chevauchée fantastique pour le Limoges Cercle Saint-Pierre dont je vais vous raconter les prémices s’étalant entre 1970 et 1980.

L’appel du patronage

effectif csp 1970-1971Depuis le 30 août, l’équipe seniors 1, fanion du Cercle Saint-Pierre a déjà repris ses entraînements. Une « excellente reprise », lit-on dans le Journal Paroissial, « Au Large », de septembre-octobre 1970, où règne la bonne ambiance dans les rangs cerclistes. La saison du Championnat de France fédéral commencera par un match contre la Vendéenne de La Roche-sur-Yon, antique écurie de la première et deuxième division française, demeurant une pépinière du basket-ball vendéen. En déplacement, à quelques exceptions près (Koundriounkoff, Malinvaud et Bénitez ne semblent pas figurer sur la feuille de match), le CSP annonce une composition singulière à la précédente saison : Barataud, Pierredon, Soulié, Pierre Biojout, Jean Biojout, Delage et Vareille (entraînés par Mémery et Beaumord).

Comme une mauvaise rengaine, Limoges cède pour son match de la rentrée. Au bout de 3 journées, Limoges a perdu 2 rencontres et a obtenu un nul face à la Roche-sur-Yon, le CEP Poitiers, et Bruch-sur-Lot. Jugées non-incidentes par le patronage, puisque les défaites « ont été concédées de quelques points seulement alors que ces équipes seront certainement en tête du tableau en fin de saison ». Le rédacteur du journal de Saint-Pierre oublie quelque peu la défaite contre la vendéenne qui s’était clôt sur un cinglant 51 à 70, réalisé en partie par les yonnais Abilio et Paqui. En revanche, la plume du patro donne une explication probable à ce rétropédalage des limougeauds puisque « notre célèbre ailier Pierredon, actuellement sous les drapeaux, fait un stage d’infirmier à Nantes et n’a aucune possibilité pour s’entraîner, ce qui amoindri considérablement son score au cours des matches » et donc amoindri les performances de ses coéquipiers. Il faut prévoir la parade, les dirigeants et la réserve s’attèlent en amont des compétitions, à la formation des jeunes juniors qui formeront l’ossature de l’équipe première pour la saison prochaine, un véritable cérémonial, en avance sur l’heure du baptême, du centre de formation des verts et blancs (créé en 1984). Qui a dit : Le CSP ne forme pas ?

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Soulié (N°6, Saint-Pierre) tente de dribbler Canin (N°16). Nous reconnaissons à gauche Lathière (N°19) et Barataud (N°11) (Source : Populaire du Centre, 9 novembre 1971 – BFM Limoges).

À l’écoute des nouvelles, ouvrir le compteur électrique du patronage n’est pas LA priorité des rares supporteurs-bénévoles du Cercle. Pourtant dès la cinquième journée, la fenêtre de tir, réglée des joueurs au maillot vert, peut s’absoudre leurs pêchés en battant le patronage voisin, la Saint-Louis de Gonzague, second invité limousin du Championnat, tout aussi mal en point, écrasé une semaine auparavant par la Rupella de La Rochelle, sur le score de 81-35. Le derby limougeaud tourne à l’avantage des Cerclistes qui prend le large à la mi-temps (39-20). Dans un match sans passion, la formation de la SLG aux couleurs et à la tenue « monégasque » parvient dans le sillage de Delhiat et Canin, à revenir sur les talons du CSP, peu entreprenant, jouant la montre… jusqu’à la fin, un basket monotone rapporte Pierre Jack, Monsieur « Basket-Ball » au Populaire du Centre. Score 67-56, Malinvaud, meilleur marqueur de Saint-Pierre avec 18 points, offre néanmoins une victoire initiale au patronage. La Saint-Louis devra remettre ça pour plus tard, à condition que sa jeunesse prennent confiance en ses moyens.

Rédemption

Le 21 novembre, le Limoges de Saint-Pierre retombe dans ses travers. À Tonneins, pour un peu, le CSP auteur d’un retour, signe une défaite à l’extérieur, consolidant sa place d’avant-dernier. Ainsi, tout est à refaire, face à Meilhan, la victoire devient impérative. Et comme un problème en appelle toujours un autre, l’effectif est amputé de Barataud, « retenu par ses occupations professionnelles loin de Limoges, et Pierredon, actuellement en manœuvre à La Courtine ». La Courtine, déplacement professionnel, des détails qui ne seraient être effacés sans l’apport de la « formation » dont utilisera le duo au coaching Mémery-Beaumord. Malinvaud dit au Populaire du Centre, la veille, qu’il faudra cravacher, oui cravacher. L’image prête à sourire, le match qu’il faut gagner, se joua effectivement à coup de cravache puisque, Meilhan distancé tout le long de la rencontre revient et joue les yeux dans les yeux face aux limougeauds. À la dernière seconde, on ne sait qui, départagea côté pile pour le Cercle Saint-Pierre, 67-65, le « dring » retentit. La récréation n’est pas terminé pour autant. Comme des collégiens, les joueurs et le staff de Meilhan, furibards, contestent le panier et réclament l’annulation des deux points octroyés au CSP Limoges. On dit souvent que la vie ne tient qu’à un fil, la saison du CSP Limoges ressemble au proverbe. Pourvu que le fil conduise au maintien du CSP Limoges, un « Meilhan » ne peut se répéter éternellement à moins de prier Saint-Pierre et la Vierge simultanément, les miracles se feront rares, celui-ci arrive à point nommer.

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Une action du match opposant le Cercle Saint-Pierre et l’ALUS Tonneins (Source : Populaire du Centre, 1er mars 1971 – BFM Limoges).

Au décompte de Noël, le Cercle Saint-Pierre boucle la phase aller avec 3 victoires, 1 nul et 5 défaites, classé à la sixième position de la Poule E, un cadeau amplement satisfaisant. « Une place très honorable » disserte le rédacteur du patro. À la reprise, les jeunes s’affichent sur les marches du podium et nouveauté depuis son existence, les benjamins et minimes de Saint-Pierre Limoges sont entraînés par deux professeurs d’éducation physique (notamment J-L Martinez) !

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Dans cet article du Populaire du Centre datant 8 avril 1971, un jeune cercliste se distingue au critérium du jeune basketteur, Alizadeth. Lhermet, futur joueur du CSP Limoges est le vainqueur de l’édition au côté du Président de la Ligue du Limousin, Albert Chaminade (Source : Populaire du Centre, 8 avril 1971 – BFM Limoges).

Une pratique courante ailleurs mais qui au Cercle semble révolutionner les uses. Globalement, c’est toute la section basket-ball qui bénéficie de ces décisions « décisives » des dirigeants comme le remarque toujours, le chroniqueur alerte de la section : « Les dirigeants, toujours soucieux de la progression technique des joueurs, ont décidé un renforcement très sérieux des structures sur le plan des entraînements ; c’est ainsi que nos équipiers premiers qui évoluent en Championnat de France fédéral, ont bénéficié de l’expérience du conseiller technique régional J. Paquet, dont la compétence ne fait aucun doute. Le résultat ne s’est pas fait attendre ; en effet, le dimanche suivant cet entraînement, les cerclistes ont défait la Vendéenne de la Roche-sur-Yon qui est une équipe de tête de classement. ». En clair, loin de devenir « professionnel » comme ceux de l’élite, le CSP se débrouille avec talent car tout le monde met du sien dans le club-patro (Xavier Popelier est par exemple l’entraîneur des Cadets). La progression du CSP Limoges tend à effacer les fondements pratiques du patronage et pose, ainsi soit-il, les jalons nécessaires à la stabilité du projet-club, envisagé par son président, Xavier Popelier, à des années de la politique paroissiale se dévouant aux causes des ouvriers, des morts de faim et des victimes du conflit vietnamien réchauffé entre les deux blocs.

Maintien en Fédéral

Côté terrain, la reprise de l’équipe fanion redonne des couleurs au patro. Le CSP bat la Vendéenne 60 à 59, Salle Municipale des Sœurs Rivière, un miracle, derechef s’opère, durant les 3 dernières minutes, la Vendéenne est congelé ce dimanche 10 janvier 1971, la panne laisse le CSP avec ses 60 points, les vendéens rajouteront 2 points seulement… Quatre victoires, une d’avance sur l’ALUS Tonneins et deux sur le CA Saint-Même. Auxquelles, il faut deux victoires obtenus contre la Saint-Louis et l’ALUS Tonneins. Au total 6 victoires, suffisantes pour maintenir l’équipe en Fédéral.

calendrier csp 1970-1971

Le CSP termine à une honorable 7 ème place devant Meihlan, le CA Saint-Même (une ancienne bête noire du Cercle) et de la Saint-Louis de Gonzague, son rival limougeaud.

classement 1970-1971

 

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Une réflexion sur “Limoges CSP (1970-1971) – L’exaltation de la formation

  1. De Bescont

    Albert Chaminade grand artisan qui mériterait d’avoir des honneurs à Limoges qu’il n’a pas actuellement et qui une faute impardonnable mais surtout de rien faire tout le monde oublie quand les gens décèdes

    Aimé par 1 personne

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