Sous les palmiers : Ces « filles » en marcel

À l’approche des Jeux Olympiques d’été qui se disputeront à Rio de Janeiro, à partir du 5 août 2016, le blog Mon Ballon Orange vous propose de plonger au cœur du panier brésilien. Pour célébrer l’événement auquel participera l’équipe de France féminine pour décrocher une médaille olympique et nous l’espérons rejoint bientôt par son alter ego masculin qui tentera de se qualifier lors du tournoi pré-olympique se disputant en ce moment à Manille [Allez les Bleus !], je vous propose un premier épisode de « Sous les palmiers » abordant la genèse du basket-ball dans le plus grand pays d’Amérique du Sud, le Brésil.

L’implantation du Basket-Ball au Brésil selon le vénérable James Naismith

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James Naismith, inventeur et auteur (Source : goodreads.com – bostonglobe.com).

En décembre 1941, James Naismith est sur le point de célébrer les 50 ans de son jeu. Malheureusement, l’année 1941 était de tout évidence une mauvaise année pour un anniversaire. L’Allemagne Nazie pour laquelle il avait eu de l’admiration à l’occasion de l’organisation des JO de Berlin en 1936, intensifie ses attaques aériennes sur le Royaume-Uni et est sur le point d’anéantir les troupes de l’Union Soviétique. Les sous-marins allemands pointent leur nez devant la ville de l’ « American Dream », New-York et s’engagent dans une chevauchée folle au fond de l’Océan Atlantique à la recherche de la flotte marchande britannique convoyant entre Halifax et les ports Britanniques. Finalement, l’inéluctable arriva. Les États-Unis sont frappés à Pearl Harbor, par l’aviation japonaise. « Le jour de l’infamie », le 7 décembre 1941, le même mois anniversaire de l’invention du balle au panier. La tourmente de la guerre souffla toutes les bougies de l’anniversaire… mais n’empêchera pas la publication du livre de James Naismith dans lequel il revient sur la création de son invention et sur son expansion « planétaire » le long de ce demi-siècle déjà écoulé.

À ce propos, au « Chapter VIII », Naismith explique l’adoption du Basket-Ball dans les différentes régions du globe dans « The Foreign Spread » [page 143-160], parmi lesquelles le passionné découvre l’Amérique du Sud et plus spécifiquement le Brésil. Contrairement, à une idée reçue, l’Argentine, l’Uruguay, la Colombie ou encore le Venezuela n’ont pas été les nations précurseurs pour ce sport. Le Brésil, fort d’un bassin culturel ouvert tout autant sur l’Europe et l’Amérique du Nord, est le premier à expérimenter les biens faits de la discipline :

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Le logo de l’Associação Atlética Mackenzie College, initiateur du Basket-Ball au Brésil (Source : en.wikipédia.org).

James Naismith page 149-150 « Le Basket-ball a été introduit en Amérique du Sud en 1896 par un missionnaire stationné à São Paulo, Brésil, qui organisa une équipe au McKenzie College. Cette équipe a pris le jeu avec détermination et était en passe de devenir un adepte de ce sport. Un jour alors que l’entraîneur était entrain de travailler avec ces garçons, il avait laissé accidentellement un papier sur son bureau dans lequel figurait une photo d’une équipe féminine de basket-ball. Certains de l’équipe avaient remarqué l’image et avaient immédiatement refusé de participer à n’importe quel match car cela était destiné aux filles. Toutefois, bien que cette attitude a pratiquement disparu, il y a quelques endroits d’Amérique du Sud où les garçons refusent encore de jouer au basket-ball. Jess Hopkins, qui a fait tellement pour la promotion du jeu en Amérique du Sud, affirmé dans une lettre lors de son voyage à travers le Brésil, il avait trouvé quelques sections où le basket-ball était encore considéré comme un jeu de filles. Monsieur Hopkins est connu pour être le père du basket-ball sur le continent sud. ».

Des décennies plus tard… les « filles » prennent du grade

De ma propre expérience brésilienne, précédent des décennies les propos de Mister Hopkins, le Basket était toujours un peu moqué, « un sport de filles »… Le football règne toujours en maître, dans les plages comme dans les favelas ; rares sont les gymnases couverts dédiés à la pratique du Basket-Ball… il y a 10 ans, Limoges et sa banlieue comptait 2 à 3 fois plus de salles que la grande mégapole brésilienne, Rio de Janeiro [j’exagère peut-être, mais en tout cas on en était pas loin]. Ainsi, on peut aisément comprendre le léger désintérêt pour le Basket-Ball, au « Pays du Football ». Sport relégué au second plan, filles et garçons jouent des fois ensemble… pour preuve, au milieu des années 2000, à l’école de basket-ball du Botafogo de Futebol e Regatas [Botafogo de Football et de Régates ! Eh oui, de Régates, ça ne s’invente pas !] où j’avais débarqué [faute d’un bon niveau de portugais et d’un niveau suffisant, le niveau départemental n’existait pas], l’entraîneur [branché plutôt volley-ball] n’hésitait pas un seul instant à mettre en scène, une rencontre filles-garçons. Et pourtant ces filles jouaient très bien… celles-là étaient à maintes reprises, championnes de l’état fédéral de Rio de Janeiro, mais nous les avions battu [pour la gloire de la section mixte de l’école, l’honneur était sauf d’après ce que j’avais compris après plusieurs défaites 🙂 ] !

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Un duo mixte, Oscar Schmidt-Magic Paula (Source : BBallchannel.fr – Globoesporte.globo.com).

En revanche, au-delà du cliché, fort heureusement, l’élite du Basket-Ball a toujours réussi à se faire une place sous les palmes, tous sexes confondus, grâce aux contributions de la gâchette Oscar Schmidt ou encore chez les femmes avec « Magic Paula » alias Maria Paula Gonçalves da Silva, considérée comme l’une, si ce n’est la meilleure basketteuse brésilienne de tous les temps. Depuis 1896, le Basket a parcouru du chemin pour devenir ce qu’il est. C’est aujourd’hui un sport d’envergure nationale au Brésil et ce n’est pas les équipes compétitives qui manquent dans les états fédéraux du Brésil, comme celui de São Paulo et à moindre mesure, celui de Rio de Janeiro. Ces pépinières du ballon orange fourniront un cortège important d’étoiles à la « Seleção » masculine comme féminine, lesquelles permettront au Brésil de s’illustrer dans les compétitions internationales dont nous verrons prochainement les premiers exploits, dans un nouvel article.

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