Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit, La Martiale ! (Partie 2/2)

En février 1928, La Martiale connaît une véritable mutation. La société « La Martiale » est reconnue par le Ministère de la Guerre, sous le n° 12.993, comme société d’éducation physique et de préparation au service militaire, ouvrant des perspectives prometteuses pour le patronage limougeaud. La même distinction avait été attribuée au début des années 1900, à une société de Limoges, « La Patriote »… un parent lointain de La Martiale, privilégié par un contexte militaire. C’est une récompense au travail effectué durant la décennie 1920, par des hommes comme Léon Moreau, double champion de la FGSPF [de Gymnastique?]. À présent, La Martiale s’exporte… en octobre 1928, le Patro est à Evaux-les-Bains, pour une fête sportive. La gloire est inéluctable… passez-moi la balle et je vous montrerai le chemin guidant à notre Père.

Le Baptême, une bénédiction venue du ciel

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C’est ici, sur le terrain de La Martiale, situé non loin de l’Ancienne Route d’Aixe où tout commença… la section sportive et la clique de La Martiale en 1926, derrière un beau panier de Basket (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade).

Il est 10 heures du matin, ce 24 février 1929, à Limoges, sur un terrain [de la Saint-Louis de Gonzague ou de La Martiale] éprouvé certainement par l’hiver 1929 (il n’avait jamais fait aussi froid depuis 1879 !), deux formations se livrent une bataille à la loyale. La Saint-Louis de Gonzague est opposée à La Martiale. Premier match amical de Basket-Ball, historique, fondateur, des « équipiers » de La Martiale. L’équipe est emmenée par son capitaine, entraîneur, directeur de la commission basket de La Martiale, le dévoué Maux, évoluant au poste de « centre » (Pivot). Autour de ce bonhomme, les « arrières » (intérieur et ailier-fort) Boutaud et Rebeyrol, ferment les portes d’une défense inexpérimentée et sans oublier les deux « avants » (ailier et… ailier!), Chapeaud André et Beaubreuil, amènent de l’avant au jeu du Patro. Pour cette rencontre, le résumé est sans équivoque… il s’agit des balbutiements de « l’équipe 1 » de La Martiale : « Jusqu’à la mi-temps nous fûmes très nettement dominés. Nos adversaires avaient marqué un grand nombre de points alors que notre équipe n’avait que 3 points, malgré la défense bien comprise de nos arrières Boutaud et Rebeyrol. À la deuxième mi-temps, malgré l’ardeur des équipiers de Saint-Joseph, qui nous manquent un certain nombre de points, les passes bien combinées du centre : Maux et des avants Chapeaud André et Beaubreuil nous valent 8 points de plus. La partie se termine par une victoire pour la Saint-Louis de Gonzague de 31 à 11. Mais pour notre première rencontre nous ne pouvons qu’être satisfaits car ce n’est pas une très grande défaite. ». La journée se termine par une rencontre opposant les équipes deux ; là encore la Saint-Louis de Gonzague rafle une seconde victoire, score final 23 à 11. Une « équipe 2 » de La Martiale composée de Leroy et Picat aux postes d’« arrières » ; Émile Mithout au « centre » et enfin des « avants » Broussaud et Chassagne. Pour un début, c’est un succès qui présage, selon les mots du monsieur à tout faire, Maux, « un avenir peut-être très proche de très beaux résultats ». Il n’avait pas tord !

Un nouveau concept : Sportif le dimanche, Militant la semaine ?

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Un défilé aux accents militaires des Cadets de Saint-Michel, à Gramat, lors du concours de Gymnastique FGSPF, le 29 juin 1930 (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade).

Les joueurs de La Martiale n’étaient pas pour autant des Basketteurs nés. C’est aussi des militants. Au « Cercle d’études », la plupart « passent en revue les actualités, sports, musique, politique, car on cause dans les coins de nos parlementaires, ou de tel ou tel parti en quête de popularité ». Ce réflexe s’explique par l’omniprésence de la FGSPF et de celle de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, la JOC. Naturellement, affiliés au mouvement de la FGSPF, les Martialistes sont proches de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, la JOC. Cette proximité s’explique à travers l’organe du Sacré-Cœur, « L’Alerte ». Le mensuel paroissial relaye dans ses chroniques la messe militante du christianisme dans lequel le militant de la JOC ou de simples paroissiens prennent la parole. Les prises de paroles sont souvent orientées à l’égard du déchaînement anti-catholique, propre à Limoges, et sur la position des catholiques au sein du mouvement ouvrier. Ainsi, les propos tenus sont offensifs : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il est enragé. Quand à Limoges, on veut abattre quelqu’un on dit qu’il est l’ennemi de la classe ouvrière […] Le lundi de Pentecôte, plus de 500 jeunes gens de nos patronages ont défilé dans les rues de Limoges […] Attention ! Ces jeunes gens encadrés par les curés étaient des ennemis de la classe ouvrière. ». Tout au long des années 1920 et 1930, Limoges reste un terreau difficile pour les catholiques, réputé par ces derniers comme le dernier bastion « anticléricale » de France n’ayant d’égal dans le monde… sauf peut-être, en Union Soviétique. Il est vrai, jusqu’en 1936, le catholicisme et le socialisme sont en confrontation. À travers, les textes, nous comprenons la volonté de reconquérir les cœurs des faubourgs de Limoges, acquis à la presse militante du « Populaire du Centre » des socialistes ou de « L’Avant Garde » des communistes. L’Alerte est un outil de propagande, efficace pour la formation des militants mais ne constitue pas un point essentiel de la « reconquista » catholique. En cela, les fêtes sportives et démonstrations sont un recours pour le Patronage et le catholicisme, exaltant la solennité de leur saint-patron, auprès des foules hésitantes. Toutefois, nous ne pouvons affirmer l’implication immédiate en politique, des sportifs du Patronage de La Martiale, attirés de plus en plus vers les résultats et non pas vers la défense de la foi apostolique. L’obédience politique des joueurs d’un « Patro » était en réalité difficile à cerner, il y avait certainement quelques inconditionnels de l’Action Française (Royalistes) tout comme de nombreux fervents socialistes de la SFIO, à l’image d’Albert Chaminade, passé dans le Patronage de La Martiale et des Cadets de Saint-Michel. En somme, une affaire de croyance… révérence conclue, le Sport est un lieu de hasard exaltant le dévouement désintéressé et… le résultat. Toutefois les cadres de La Martiale ne l’entendaient pas de la même oreille, durant l’entre deux-guerres : « Nous ne demandons pas mieux que La Martiale soit une pépinière d’athlètes, mais pour rien au monde nous ne voudrions la rabaisser au niveau d’une quelconque société sportive, qui ne demande à ses membres que de belles performances sportives pour la réclame ». Pourtant, c’est la recherche du résultat qui permet aux Martialistes d’acquérir une grande réputation.

Les premières semences de Champion

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1932 : La première équipe de Basket-Ball du patronage de La Martiale. En bas à gauche, M. Broussaud, ancien vice-président du LFC (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade – Publication inconnue, Vendredi 16 avril 1971).

Les rencontres ne sont pas nombreuses lors de l’année 1929. Et pour cause, il faut obtenir l’aval du de l’Abbé Moreau, seul responsable dans la nef, « pour accepter ou refuser les offres faites » car la raison réside dans « la différence de mentalité qu’il y a entre nous et les autres, et pour éviter certains frottements auxquels nos jeunes gens n’auraient rien à gagner et peut-être beaucoup à perdre ». En réalité, l’année 1929 est une année d’entraînement, un strapontin vers le futur. Ses équipes sont définitivement engagées dans le championnat de la FGSPF du Limousin, « L’Union Régionale Limousine » lors de la saison 1929-1930, débutant alors en novembre 1929. Trois équipes sont engagées dans la compétition. Elles y « font bonne figure et se placent parmi les meilleures. Elles ont à elles trois totalisé le chiffre de 127 points, ce qui n’est pas mal pour le premier championnat et le dernier mot n’est pas dit car il leur reste les matches « retour ». ». Rajoutons à ces progrès fulgurants, l’apport des jeunes écoliers aux efforts de la section de Basket-Ball de La Martiale… on pourrait déjà parler d’une école mini-basket avant l’heure ?! Cette saison 1929-1930 est encore sous la domination du patronage « pionnier », les Cadets de Saint-Michel… une domination qui va s’effacer en 1931 !

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L’équipe dite des « Pengouins » des Cadets de Saint-Michel, à ses débuts, plusieurs fois Champion du Limousin entre 1927 et 1931, ici sur le terrain de la Rue Ventenat (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade).
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L’équipe des Cadets de Saint-Michel, Champion du Limousin Excellence de la Ligue d’Athlétisme et Basket-Ball 1930 (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade).

En effet, lors de la saison 1930-1931, La Martiale révèle ses aspirations « augustéennes ». Fort des arrivées, de deux joueurs parisiens, Breuil et Delava, les Martialistes décrochent leurs premiers lauriers. Le patro défait notamment le CASG de Bordeaux, au premier tour éliminatoire du Championnat de France Excellence, une véritable sensation locale… en outre, il s’adjuge pour la première fois le titre de Champion Limousin URL ! Premier titre d’une vitrine qui en connaîtra d’autres. Entre 1931 et 1939, La Martiale remporte au moins 5 titres de Champion URL (1931, 1934, 1935, 1936 1937 et peut-être celui de 1938, portant ce chiffre au total de 6 titres de Champion URL) et 3 Coupes des Patronages URL (1932, 1933, 1939).

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L’équipe 1 de La Martiale, saison 1934-1935, Champion URL 1935, une des premières équipes du patro (source : Archives Départementales de la Haute-Vienne – Les Sports du Centre 10 mai 1935).
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Décembre 1936 : une phase de la rencontre opposant La Martiale (futur Champion URL 1937) contre la SOL (source : Archives Départementales de Haute-Vienne – Les Sports du Centre 1er janvier 1937).

À l’exception de la saison 1935-1936, La Martiale ne participe pas au Championnat de Ligue du Limousin (affilié à la FFBB). Les relations entre le patronage et les clubs laïques ne sont pas au beau fixe… ces derniers auraient eu l’impolitesse d’avoir désinviter, l’équipe de La Martiale, d’un tournoi coorganisé avec l’URL… pourtant dans les quelques épreuves mêlant laïques et patronages, La Martiale sort souvent victorieux grâce notamment à son capitaine Rebeyrol dont il est devenu le meilleur ambassadeur. Il est sûr, en ce qui concerne, La Martiale, durant la période 1929-1939, le patronage du Sacré-Coeur aurait certainement pu remporté des « coupes » dans les compétitions laïques. À partir des années difficiles de la guerre et de l’après-guerre, les équipes de La Martiale participent à toutes les compétitions.

Guerre et Paix : Les moments révélateurs

La guerre frappant à nouveau aux portes des joueurs de La Martiale, le patronage continue à promouvoir ses activités mais est contrainte à certaines évolutions. Ainsi, La Martiale a rejoint dès 1941, les Championnats de la FFBB. La Ligue du Limousin s’est agrandie, par ailleurs, en récupérant le Berry et la Dordogne. De nombreuses équipes participent aux Championnats FFBB de la Ligue du Limousin. Toutefois, les absences (de nombreux joueurs sont encore en Allemagne dans des stalags) et les nombreuses équipes participantes au Championnat, n’altèrent pas l’ascension du patronage limougeaud. En 1941, les Martialistes gagnent à nouveau la Coupe des Patronages et remporte aussi pour la deuxième fois le Challenge Reignoux (en 1938 déjà vainqueur), un challenge organisé par les meilleures formations du Berry. En décembre 1941, un nouveau terrain (non localisé) est édifié et quelques mois plus tard, un nouveau titre de Champion URL Excellence vient comblé la dévotion des fidèles du Sacré-Cœur. Pourtant, ces instants de joies sont courts car en 1942-1943, la paix relative du patronage est troublée par l’accélération des événements militaires et politiques. Les jeunes du Limousin sont de plus en plus nombreux à rejoindre les maquis, pour échapper au STO et à la répression des autorités de Vichy et du Troisième Reich. C’est par exemple en 1943, toute une équipe de Haute-Vienne de Basket-Ball qui prend le maquis, celle du Cercle Saint-Pierre Limoges ! Dans ces temps d’incertitudes, le sport est relégué au second plan… l’équipe première de La Martiale est alors composée de jeunots. Les seules équipes de la région qui résistent à cette érosion sont pour l’essentiel des équipes laïques affiliées à des réseaux professionnels telles que le CAPO Limoges (Cheminots) ou l’ASPTT Limoges (Postiers). Lors des années 1943, 1944, les équipes de La Martiale actives sont peu nombreuses (le STO ayant fauché une grande partie des joueurs adultes du patronage) cependant avec des effectifs resserrés, La Martiale semble restée fidèle à sa discipline : le Basket-Ball. La libération de la France à partir de juin 1944, ré-ouvre de nouvelles perspectives pour les patronages de Limoges. Avec le retour des « grands », La Martiale revoit le haut du panier.

Les « Dix Glorieuses » de La Martiale

De 1945 à 1955, La Martiale est devenue avec le CAPO Limoges, le grand « club » de Basket du Limousin, dont la renommée nationale n’est plus un secret pour la presse et les spécialistes du Basket-Ball. Ces dix années glorieuses rappellent aux français, les années prospères de l’économie française même si les séquelles de la guerre et les affrontements politiques demeurent. Pour La Martiale, c’est le temps de l’abbé Pomaret et des succès fastes du patronage dans les différentes compétitions de Basket-Ball disputées par ses mousquetaires de renoms : Feuillade, Denis, Peynichou, Deschamps, Pasquet, Barthes, Gandois etc… En Junior, elle brilla à deux reprises en remportant en 1952 (au Palais des Sports de Paris !) et à nouveau en 1954, le Championnat de France Junior de Basket-Ball FFBB ! Deux belles performances pour les jeunes Martialistes qui inspira plus tard, les jeunes de l’ASPTT Limoges et du Cercle Saint-Pierre.

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La fameuse équipe « Junior » de La Martiale Championne de France en 1954 (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade – Publication inconnue, Vendredi 16 avril 1971).

Ces exploits sont à mettre au crédit de son équipe première, fer de lance du Patronage. En 1950, elle s’illustre en remportant le Championnat de France Honneur FSF (deuxième division) et montant ainsi en première division FSF, l’Excellence FSF. Dans les compétitions FFBB, les Martialistes évoluent dans l’antichambre de la Division Nationale (première division) et terminent à plusieurs reprises à la deuxième, troisième place de leur poule derrière des équipes comme Caraman ou Saint-Jean de Luz.

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28 septembre 1946 : La Martiale en Finale de la Coupe Guynemer face à Championnet, une grande cylindrée parisienne (source : BFM Limoges – Populaire du Centre 14 octobre 1946).

Son plus haut fait d’arme, est probablement en 1953, lorsque La Martiale accède, après la victoire en demi-finale face au Cercle d’Éducation Physique de Lorient (à Angers, 65-52, 12 avril 1953), à la Finale de la Coupe Nationale Excellence de France FSF (première édition), disputée à Limoges (une première pour la capitale du Limousin), le Dimanche 3 mai 1953, Salle Guynemer, contre l’AS Villeurbanne (Champion des patronages et vainqueur de la Coupe de France FFBB) de André Buffière… futur entraîneur de l’ancien patronage de Limoges, le Cercle Saint-Pierre de Limoges, vainqueur de la Coupe Korac 1982 et 1983 sous sa direction. La team lyonnaise au grand complet avec André et Maurice Buffière, Minard, Levet, Sturia, Fliorini, Samy, Fillod et Rey réalise une partie sans accrocs, devant un public nombreux (98.500 francs de recette) et écrase La Martiale, 72 à 31 ! Une marche bien trop haute pour les basketteurs du Sacré-Cœur.

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La « Grande Équipe » des années 1950 dont les exploits laissèrent à jamais une trace dans l’Histoire du Patronage (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade – Publication inconnue, Vendredi 16 avril 1971).
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L’équipe de 1953, Champion des Patros du Limousin et finaliste de la Coupe FSF (source : Archives Municipales de Limoges – Fonds Albert Chaminade)
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Face à Ménilmontant, La Martiale s’assure sa place en Excellence, en battant la formation parisienne sur le score de 42 à 41. Montu (Ménilmontant) bien gêné par Deschamps (La Martiale) (source : BFM Limoges – Populaire du Centre, Lundi 26 janvier 1953).
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Un document ! André Buffière et l’AS Villeurbanne remporte face à La Martiale la Coupe de France FSF, le 3 mai 1953 (source : BFM Limoges – Populaire du Centre, Mardi 5 mai 1953).

Jusqu’en 1956, l’équipe fanion assume une place dans la division Excellence FFBB (deuxième division), avant de redescendre en division Honneur, puis en Excellence Région. Quelques titres et coupes sont remportées mais le Patronage vit désormais ses dernières heures… une partie de la grande équipe de 1953 est partie pour le service militaire… enfin les maigres finances du patronage ne peuvent plus assumées à elle toute seule les dépenses occasionnées par ses équipes de Basket-Ball. En 1959, les Martialistes remontent en Honneur FFBB (troisième division) mais sous la pression financière, l’« œuvre » fusionne sa section de Basket-Ball avec les équipes des Patronages de la Sainte-Valérie, l’Alouette, de la Jeanne d’Arc et de l’Espérance Saint-Étienne pour donner naissance au Limoges Basket-Club, le LBC. Mais ceci est une autre « histoire » du Basket-Ball Limougeaud dont il faudra un jour raconter sa chronique… à l’origine de la naissance, du petit prodige, Olivier Saint-Jean, alias Tariq Abdul Wahad (au début des années 1970 : la maman jouant au LBC et le père biologique à l’ASPTT Limoges, Quinas Brower).

Tentative : Explication d’un phénomène

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Plus qu’un simple phénomène de société, La Martiale a captivé le sport catholique dans la région limousine et ce malgré la pente terrifiante de son terrain (source : Populaire du Centre, 3 mai 2015).

La Martiale constitue un cas « d’école » du développement d’un patronage, à travers une ou plusieurs disciplines sportives. Le succès du patronage durant la période allant de 1930 à 1956 s’explique tout d’abord, par son caractère formateur. Très tôt les jeunes sont suivis avec attention par une équipe « technique » compétente éclosant au mieux les talents des futurs grand sportif comme celui du gymnaste Léon Moreau dont ses exploits s’exportèrent en France (Champion de France 1925 et 1927) et dans le Monde, puisqu’il fut sélectionné pour les Jeux Olympiques de 1928 à Amsterdam. En Basket-Ball, La Martiale forma une grande partie des très « bons » joueurs de Basket-Ball de la Région (Frédéric Sarre et Jean-Pierre de Vinzenzi en furent). Une formation qui s’explique aussi à travers ses infrastructures. Si dans les années 1920, une cour faisait office de terrain de sport « dont la déclivité donnait l’avantage à l’équipe située au degré supérieur » comme nous le rapporte affectivement, Albert Chaminade, dans son courrier adressé aux anciens du patro à l’occasion des 75 ans de l’œuvre, la cour fait place à un véritable terrain de Basket-Ball à partir de septembre 1932 et sera vite abandonné au profit d’un nouveau terrain en décembre 1941. En permanence en mutation, l’infrastructure des installations du patro donne à cette dernière le « must des terrains » de son époque, outil indispensable à l’évolution des jeunes joueurs. Vers la fin des années 1940, le patro du Sacré-Cœur évolue dans le Gymnase Guynemer, une installation adaptée à la réception de rencontres du niveau « National » et permettant la réception d’un public averti. Mais il est évident, ce phénomène local s’explique surtout de façon plus prosaïque au vu des émulations sociales entourant le patronage le long de son aventure humaine. La section de Basket-Ball sût fédérée autour d’elle, très tôt des hommes de qualités comme son Président, André Rebeyrol. Un article du Quotidien Régional, Le Populaire du Centre, rédigé par Marion Buzy, datant du 3 mai 2015, ouvre en ce sens son article : « En 1936, Michel Calvet a six ans. Il habite « entre la prison et la caserne des pompiers, rue de la Mauvendière. C’est jeudi. André Rebeyrol, président de La Martiale, me récupère au n°1. Nous allons chercher Guy Mathieu et Pierre Breuil, puis nous rejoignons le patro » et ses autres membres qui font de la gym, du foot, du basket, du cyclo-cross, de la musique, de la lecture ou du théâtre. Ce covoiturage hebdomadaire se fait à bord d’une traction avant, et ça fait causer : « C’est vrai qu’on passait vraiment pour des bourgeois à La Martiale. On nous appelait même « le gang des tractions avant », à cause des voitures de nos dirigeants. Il faut dire qu’ils avaient du pognon… Mais on roulait pas plus sur l’or que les autres…». L’amitié, la solidarité et le bénévolat de ces membres ont contribué probablement à hauteur égal à celle des infrastructures (nb : n’oublions pas le rôle de Salle Pie IX, véritable siège social du patro), au maintien de La Martiale, si longtemps dans les sphères « Grand Public » du Sport. Des valeurs qui semblent perduraient, aujourd’hui encore, chez son descendant le Limoges BC.

Pour plus d’informations sur les saisons de La Martiale, une chronologie sur l’Historique de La Martiale saison après saison : chronologie de La Martiale (Basket-Ball)

Enfin nous vous conseillons la lecture de deux articles :

-Marion Buzy, Populaire du Centre, « Le patro de La Martiale et ses nombreuses vocations sportives »

– Gilles Deville, Populaire du Centre, « Un siècle d’amitié et de partage ! »

NB : remerciements aux Archives Municipales de Limoges, aux Archives Départementales de la Haute-Vienne et à la BFM de Limoges, pour leur expertise technique et leur travail !

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2 réflexions sur “Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit, La Martiale ! (Partie 2/2)

    1. Merci pour votre commentaire ! je suis content que vous ayez trouvé la trace de votre père dans mon blog dont on peut retrouver également la trace dans le Journal « Les Sports du Centre », et peut-être même dans le Journal du Sacré-Cœur, « L’Alerte » (mais il faut que je vérifie). Cordialement, Hugues Blondeau

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