Los olvidados du Baloncesto Espagñol

Le « Baloncesto », une origine particulière

Né et popularisé chez l’oncle Sam, le Basket-Ball aurait une origine pour le moins particulière de l’autre côté de l’Atlantique. Au début du XX ème siècle, le professeur Soumet, du Lycée Français de Madrid, affirme avoir trouver dans le Pays-Basque, la préexistence du Basket-Ball. Les bergers basques, pendant leurs temps de loisirs, s’exerçaient à lancer des pierres dans un chaudron creusé à même la terre, appelé « El Aguejero ». Les joueurs devaient se disposer à une certaine distance du chaudron, avant d’exécuter le lancer. En somme, il s’agit d’une énième interprétation de l’origine « antique » du ballon au panier. De nos jours, la théorie du professeur Soumet reste populaire dans la péninsule ibérique et attire la curiosité des chercheurs. Le Basket-Ball, un sport ibérique ? Pour nous, il est américain… sans aucunes contestations.

Une implantation aux accents catalans…

Les livres espagnols retiennent une première trace officielle, en 1921, de l’implantation du Basket-Ball en Espagne. Un prêtre espagnol, Eusebio Millán Alonso, est considéré comme l’homme précurseur de son introduction en Espagne. Au cours de son séjour, à Cuba, il fut captivé par l’excellence de ce sport américain. De retour, à Barcelone, en Catalogne, Eusebio Millán rend obligatoire à ses élèves de l’ « Escuelas Pías de San Antón », sa pratique. Rapidement, il installe des panneaux rudimentaires et un terrain dans la cour de l’école. Le Basket-Ball devient obligatoire pour les élèves. Les récalcitrants sont menacés de ne plus pouvoir jouer au Football pendant les heures de récréations. Sous le coup de la menace, les élèves s’exécutent de gré ou de force. En 1922, le prêtre natif Quiñonería (Catalogne) fonde le premier club de Basket-Ball de Catalogne et d’Espagne, le « Laietá B.B.C. ». Ainsi Eusebio Millán serait celui qui sût donné au mieux, une vocation nationale au Basket-Ball.

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Eusebio Millán avec ses élèves, propagandiste émérite du Baloncesto (source : sportatf.blogspot.fr).

Pourtant des recherches récentes ont mis en évidence une pratique bien plus ancienne du Basket-Ball en Espagne. La découverte d’une archive privée atteste la pratique du « Baloncesto », dès 1913, dans l’école de Villparadis de Terrassa, dirigée par le pédagogue catalan, Alexandre Gali. À travers cette source, l’historien Josep M. Ainaud de Lasarte, dévoile le rôle d’un autre pédagogue catalan, Eladi Homs, secrétaire au Conseil de la Culture de la « Mancommunitat », chargé en 1911, de découvrir de nouveaux sports aux États-Unis. À la suite de sa mission, ce dernier, en collaboration avec Alexandre Gali, décidèrent d’intégrer le Basket-Ball aux activités péri-scolaires de l’école de Terrassa. L’école de Terrassa ferma en 1915, emportant ses secrets avec elle.

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Le « padre » Eusebio Millán, ici au centre, en 1947, avec les joueurs du C.D. Layetano et de la sélection d’Espagne (source : feb.es).

Aujourd’hui, Eusebio Millán, le dictateur en soutane, diffuseur reconnu du Basket-Ball a effacé des mémoires pendant un temps les pédagogues de Terrassa. Doit-on trouver une explication en relation avec la guerre civile espagnole et la dictature franquiste ? Nous savons, au début du conflit, Eusebio Millán est emprisonné pendant un an dans la prison « Modelo » de Barcelone, sous le contrôle des républicains espagnols. Son incarcération est sans doute liée à son activité religieuse, peu favorable aux idées des républicains espagnols. Cet épisode fut peut-être un élément déclencheur de sa notoriété historique et fait de lui, aux yeux de l’Espagne post-républicaine, un opprimé… Après la guerre civile, les apparitions d’Eusebio Millán se feront de plus en plus rares.

…à la naissance d’une rivalité « Basquetbol-Baloncesto »

Ces pionniers catalans permettront au Basket-Ball espagnol de prendre pied, durablement en Catalogne. En 1922, à Barcelone est disputée la première rencontre de Basket-Ball entre deux clubs catalans. Le « C.D. Europa » remporta cette première rencontre contre le « Laietiá B.B.C », 8 à 2. L’année suivante, le Basket-Ball catalan prend de l’ampleur en organisant son premier championnat. La « Patrie » est le premier champion de Catalogne en s’assurant une victoire contre le « Barcelona » par le score étriqué de 8-4… Huit ans plus tard, en 1931, les castillans lancent leur propre championnat. Le club du « Rayo » de Madrid s’offre un premier titre. Peu à peu, la Castille rattrape son retard sur la Catalogne. Cependant, la création en 1923 de la Fédération Espagnole de Basket-Ball, ne permet pas l’entente entre la Fédération de Catalogne et la Fédération de Castille qui se font la sourde oreille au début des années 1930.

 Laietá, premier club de Basket-Ball espagnol, ci-dessus l'équipe de 1935 (source : feb.es).
Laietá, premier club de Basket-Ball espagnol, ci-dessus l’équipe de 1935 (source : feb.es).

Le 14 avril 1931, un changement d’ampleur s’opère en Espagne. La deuxième République Espagnole est proclamée… pour le Basket-Ball Catalan et Castillan, l’heure est à l’apaisement. À presque, un an jour pour jour, le 13 avril 1932, à l’initiative du R.C.D. Español de Barcelone, le Madrid C.F. (Real de Madrid) accepte de disputer une rencontre historique contre les catalans. Les deux clubs sont obligés de retirer les écussons représentant la couronne monarchique. Le club de la capitale doit en outre éliminé son appellation « Real»… ainsi le « Real Madrid » devient le « Madrid C.F. ». Pour les barcelonais et les madrilènes, la rencontre assura au vainqueur, une officieuse hégémonie nationale. Un enjeu considérable repose sur les épaules des joueurs. Madrid s’imposa 24 à 19 contre l’Español. La sélection madrilène est composée des joueurs suivants : Ortega, Arnaiz, Castellví (d’origine philippine), Somolinos et de Negrín (Real Madrid, 1931-1936), le fils du dernier président de la République Espagnole. À partir de ce match, la compétition entre les deux entités régionales est finalement acceptée. Jusqu’à la guerre civile, les terrains en terre battue et en herbe deviendront l’espace principale de la confrontation entre castillans et catalans.

Le Rayo contre le Real, le premier grand derby madrilène des années 1930 (source : realmadrid.com).
Le Rayo contre le Real, le premier grand derby madrilène des années 1930 (source : realmadrid.com).

Officiellement, le 15 octobre 1933, se tint le premier Championnat d’Espagne (qui deviendra après-guerre, en hommage au Général Franco, la Coupe du Généralissime, et depuis 1977, la « Copa del Rey »), avec le concours de l’évangélisateur, d’Eusebio Millán. Cette édition se limite à la participation du champion et vice-champion de la Catalogne et de la Castille, à savoir : la Juventus A.C de Sabadell, Lluro Basket-Ball Club de Mataró, Madrid Basket-Ball et le Rayo Club de Madrid. Le Championnat est remporté par le Rayo Club face au Real de Madrid C.F. (21-11). Suite à ce championnat, la polémique ne tarde pas. Les catalans accusent les madrilènes de les avoir tendus un piège. Le scandale est entretenu par la presse dont le journaliste espagnol, José Hermosa écrira un commentaire prémonitoire : « Le Baloncesto s’ouvre le chemin de la popularité : En ce Ier championnat d’Espagne, joués par les madrilènes et les catalans, un scandale est né ». Un chapitre de l’Histoire du Basket-Ball espagnol s’est ouvert et ne se fermera plus… continuant à prospérer encore aujourd’hui entre les deux géants du Basket-Ball espagnol, le Real de Madrid et le FC Barcelone.

À Genève, les Lions de la République aiguisent leurs griffes

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Coupure de presse relatant la victoire des espagnols, au Stade Chamartín contre leurs homologues portugais (source : Momentos Estelares de la Selección Española de Baloncesto).

C’est un 15 avril 1935, le vieux Stade Chamartín du Real de Madrid accueille la sélection du Portugal. La toute nouvelle sélection espagnole joue son premier match international. Un match à enjeu pour les rouges et jaunes, il s’agit du tour éliminatoire pour le Championnat d’Europe se déroulant à Genève. Le vainqueur de la rencontre est directement qualifié pour le grand tournoi européen, se tenant à Genève (Suisse) du 2 mai au 4 mai 1935. Pour réussir leur pari, les espagnols ont rassemblé les meilleurs joueurs de la péninsule : Rafael Ruano (Rayo Madrid, originaire du Costa Rica), les frères Alonso (Pedro et Emilio, joueurs du Rayo Madrid, cubains d’origine et formés aux États-Unis), Cayetano Ortega (Madrid C.F.), Maximo Arnaiz (Madrid C.F.), Armando Maunier (Patrie) et Rafael Martin (América Madrid, originaire du Salvador). Particularité de la sélection, les joueurs sélectionnés ont pour beaucoup des origines étrangères… notamment de l’Amérique Centrale ou encore de la France (Armando Maunier, fils d’un père français). Fernando Muscat (Laietà) et Joan Carbonell (C.F. Barcelona), également sélectionnés, ne purent obtenir une autorisation de leurs employeurs même si ils avaient sollicités leurs entreprises respectives pour obtenir des vacances aux dates de l’Eurobasket. Enfin, l’équipe est entraînée par Mariano Manent, qui curieusement sera également l’arbitre de la rencontre.

La sélection doit comportée un total maximum de 8 joueurs selon les instructions de la FIBA. Pour le recrutement, la FEB s’est limitée aux villes de Madrid et de Barcelone. Quelques semaines avant le match éliminatoire face au Portugal, un match entre les sélections de Catalogne et de Castille, à Barcelone, a été organisé pour déterminer les représentants. Les castillans remportèrent d’une courte tête face aux catalans, 29-33, sur le terrain du « Gran Price », devant 3000 spectateurs enthousiastes.

À Chamartín, le match éliminatoire suscite autant d’engouement. L’affiche, Espagne-Portugal draine une foule considérable (12 000 spectateurs !). Les autorités sont bien représentés dans les gradins. Trois ministres et le secrétaire de la Présidence Espagnole sont présents. En apéritif, les spectateurs assistent à une démonstration gymnique et à la victoire du 31 ème régiment d’infanterie de Madrid sur les catalans de l’intendance militaire, 31-13. Après une belle mise en bouche, les équipes nationales du Portugal et de l’Espagne rentrent sur la pelouse. Les hymnes retentissent… l’hymne de Riego est écouté religieusement, place au match. Tout commence mal pour les espagnols. L’ancien international, Emilio Alonso se remémore de cette mauvaise entame : « Nous avons joué ce match devant un public nombreux dans les gradins et la consigne de ne pas mettre le ballon par terre à cause du mauvais état du terrain. Nous étions très énervés et surtout lorsque nous nous rendions compte que les portugais nous menaient par 0-6 ». Un handicap qui n’empêchera pas les ibères à remonter le score. Finalement, les espagnols obtiennent leur passeport pour Genève mais le déplacement n’était pas garanti à cause des difficultés financières rencontrées. À la dernière heure, le Président de la Fédération, Gonzalo Aguirre, se porta personnellement garant des dépenses, incluant le maillot rouge qui sera porter par chaque joueur pendant la compétition.

La sélection vice-championne d'Europe, à Génève, en 1935 (source : muscatproject.net).
La sélection vice-championne d’Europe, à Génève, en 1935 (source : muscatproject.net).

Garantie, l’expédition en terre suisse continue par les airs… et subit les caprices métrologiques… la sélection arrive sur le tarmac de Genève in extremis avant le premier match. Pendant ce temps, les joueurs belges attendent sur le terrain… l’organisation est sur le point de donner aux espagnols un match perdu pour absence injustifiée ! Fort heureusement, tout rentre dans l’ordre. La « selección » bat les belges, 25 à 17 et se qualifie pour les demis-finales. À ce stade de la compétition, c’est face un mur que les espagnols devront faire face. L’équipe nationale de Tchécoslovaquie, dont le talent n’est plus à démontrer, impressionne.

Le Palais des Expositions de Genève, d'une capacité de 3000 places, théâtre du premier Championnat d'Europe de Basket-Ball (source : Momentos Estelares de la Selección Española de Baloncesto).
Le Palais des Expositions de Genève, d’une capacité de 3000 places, théâtre du premier Championnat d’Europe de Basket-Ball (source : Momentos Estelares de la Selección Española de Baloncesto).
Une séquence d'un match de l'Espagne à Genève (source : muscatproject.net).
Une séquence d’un match de l’Espagne, à Genève, au Palais des Expositions (source : muscatproject.net).

Rien n’y fait, les lions espagnols prennent à la gorge, les tchécoslovaques, lors de la demi-finale. Le public suisse prend fait et cause, pour l’équipe du spectaculaire « petit diable espagnol », futur meilleur joueur de la compétition, Rafael Martin, comme le surnommé si bien la presse genevoise. Score final : 21 à 17 pour l’Espagne. Les habiles espagnols se qualifient pour la finale malgré la grande nouveauté, le parquet du Palais des Expositions de Genève… chose impensable pour ces espagnols habitués exclusivement aux pelouses et aux terres battues de Madrid et Barcelone. Le jour suivant, en finale, l’exploit ne peut être réédité. Les griffes des Lions Espagnols se brisèrent face aux colosses lettons (18-24). Un titre de vice-champion d’Europe chèrement acquis par les espagnols qui récompense le Basket-Ball espagnol en pleine expansion. Pour l’Histoire, cette équipe remporta la première médaille d’argent de l’Espagne dans une compétition internationale de Basket-Ball, toutefois en réalité, les trois premiers ne recevront rien de la part de la FIBA, pas une seule breloque. Bien évidemment, il n’était pas question non plus d’une quelconque récompense financière. De retour à la maison, les espagnols recevront, à la suite d’un banquet organisé par la Fédération Espagnole de Basket-Ball, une plaque commémorative avec l’inscription de la date du 4 mai 1935.

La plaque en hommage aux vice-champions d'Europe 1935 (source : deportes.elpais.com).
La plaque en hommage aux vice-champions d’Europe 1935 (source : deportes.elpais.com).

La presse ne fera aucunement mention de cet exploit. Seul Armando Maunier, joueur de la sélection et collaborateur du journal barcelonais, « El Mundo Deportivo », écrira quelques jours plus tard, un long résumé du Championnat d’Europe.

Une qualification historique pour les Jeux Olympiques de Berlin et l’inévitable guerre civile

La deuxième place acquise par les espagnols à l’issue de la compétition, qualifié automatiquement l’Espagne pour les Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Or, le 18 février 1936, le gouvernement espagnol du « Frente Popular » décide de boycotter les JO et prend la décision d’organiser les « Olympiades Populaires à Barcelone ». Les cérémonies d’ouverture doivent débutées le 19 juillet 1936. Au programme de ces Olympiades, le Basket-Ball est invité à se joindre aux festivités. La France envoie les joueuses et joueurs affiliés à la FSGT. Un jour avant, le début de la compétition la Guerre Civile Espagnole éclata. Pour l’anecdote, parmi les nombreux sportifs français conviés aux Olympiades, se trouvait les footballeurs de l’US Travailliste de Limoges. Au moment des combats urbains de Barcelone, sous une chaleur de plomb, les limougeauds participèrent « activement » [selon la légende urbaine… puisque les sportifs de l’UST ont plutôt essayé de décamper au plus vite de Barcelone] avec d’autres athlètes à la défense de la République. Tout le long du conflit, les activités sportives sont suspendues. En 1937, une délégation de la République Espagnole participe aux Jeux Ouvriers d’Anvers. La sélection « espagnole », plutôt « catalane », de Basket-Ball remporta tous ses matches face à la France, la Belgique, la Suisse et la Palestine.

L'équipe républicaine pour les Jeux Ouvriers d'Anvers, en 1937 (source : olimpismo2007.blogspot.fr).
L’équipe de Basket-Ball de l’Espagne Républicaine pour les Jeux Ouvriers d’Anvers, en 1937 (source : olimpismo2007.blogspot.fr).

La Guerre Civile détruira une génération brillante de basketteurs espagnols et qui privera, l’Espagne, de compétitions internationales jusqu’en 1950. Pendant ce conflit, les joueurs de Basket-Ball durent choisir l’un des deux camps protagonistes du conflit. Après le conflit, la plupart des joueurs de la sélection retrouvèrent les terrains de Basket-Ball, dont les frères Alonso qui feront le bonheur du Real de Madrid. Tous n’eurent pas la même chance. Cayetano Ortega, joueur du Real de Madrid, l’un de ses héros discrets de Genève, s’engagea dans le camp républicain. À bord de son « Chato » Soviétique, il combatta ses frères ennemis nationalistes. Il fut abattu selon les sources, dans la région de Belchite, sans laisser de trace posthume. D’autres sportifs choisirent pour leurs parts, d’immigrer à l’étranger, sans revenir en Espagne comme Juan Negrín, le fils du leader socialiste, partit aux États-Unis, pour exercer une brillante carrière de Médecin à New-York. Aujourd’hui, la mémoire des anciens refait surface, dans une Espagne apaisée, bien loin de la Guerre Civile et de la dictature franquiste.

Cayetano Ortega pendant la Guerre Civile, quatrième en partant sur la droite, avec la 3 ème Escadrille de
Cayetano Ortega pendant la Guerre Civile, quatrième en partant sur la droite, avec la 3 ème Escadrille de « Chatos », groupe 26, prenant la pose à l’aérodrome Alcublas
(source : madrid1936.es).

Sources :

Bibliographie :

José Luis SAEZ, Momentos Estelares de la Seleccion Española de Baloncesto, 2012

Gérard Bosc, Une Histoire du Basket Français, Tome I, 1893-1966, 1999

Les liens internet incontournables :

Une histoire brève du Basket-Ball Espagnol

L’Histoire du Basket-Ball à Barcelone

Galerie photos sur elpais.com sur le Basket-Ball Espagnol

Article du site Realmadrid.com sur les débuts de la section de Basket-Ball

Vidéo youtube, Chocala, 1ère partie, l’Histoire du Basket-Ball Espagnol

Article du site ACB.com sur les anecdotes du Basket-Ball Espagnol

Article du site ACB.com sur l’exploit de la sélection espagnole à Genève 1935

Le site consacré à Muscat, international espagnol, vice-champion d’Europe 1935 (à visiter absolument !)

Le Blog de référence sur l’Histoire Olympique

Nb : À la suite d’une lecture fortuite, je suis tombé sur une photo incroyable. Expulsé temporairement de son pays, le vice-champion d’Europe 1935, Armando Maunier est alors à Toulouse, durant l’occupation. Le Franco-Catalan, trouve rapidement ces marques dans la capitale des exilés républicains espagnols. On le voit ci-dessous avec la sélection des Pyrénées en 1942, à Toulouse :

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Sur le terrain des Cadets de Saint-Étienne de Toulouse, la sélection des Pyrénées, premier à droite debout, Armando Maunier alias Armand pour les français, en 1942 (Source : Une Histoire du Basket-Ball Français, Gérard Bosc – Musée du Basket).

En 1943, selon le très sympathique blogueur du site-projet Muscat Project (à visiter bien entendu pour les hispanophones 😉 ), il revient en Espagne et exerce à nouveau, en tant que journaliste sportif. Par la même occasion, Armando, rechausse les « patins d’athlète », en Espagne et fait parti de la sélection espagnole qui participe à la toute première rencontre disputée entre la France et l’Espagne, le 7 mars 1943, à Toulouse, à lire dans l’excellent blog de Frank Cambus : 1943, Toulouse accueille le premier France-Espagne de l’histoire. De son vrai nom Armando-Maunier FERNANDEZ DEL VILLAR [appréciez la longueur du nom !], est un des entremetteurs des relations entre les deux versants des Pyrénées. À Toulouse, il remporte avec l’Étoile Rouge de Toulouse, deux titres de Champion de France FSGT (1938, 1939), en compagnie de son coéquipier catalan-espagnol, Raoul-Arnaud CANTAGRIL, lui aussi ex-joueur de la société « Patrie ». Jusque vers la fin des années 1940, Maunier suit attentivement le Basket-Ball (il livre ses impressions notamment en 1948, sur le jeu de la « Roja », dans l’Organe officielle de la FFBB, « Basket-Ball »), avant de se retirer à Cuernavaca, au Mexique, au début des années 1960. Le Basket-Ball espagnol est intimement lié à notre patrimoine, notamment à celui de la région de Toulouse, où il exerça une affluence, à travers ses réfugiés, comme le dit si bien Frank Cambus, en apportant « la grinta » au « ripopo » français. Mes remerciements à Frank Cambus et au Fernando Muscat Project pour leurs témoignages :).

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